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Le politologue perpignanais Nicolas Lebourg analyse durement l’opposition au Front National dans une interview accordée le 9 mars à l’Agence France Presse (AFP). Ancien collaborateur de La Clau, il estime que les dirigeants politiques n’ont « jamais trouvé la bonne réponse » à la montée du parti d’extrême droite. Observateur de l’élargissement de la base électorale du parti de Marine Le Pen, Nicolas Lebourg évoque l’offensive exprimée le 8 mars par Manuel Valls : « J’ai peur que mon pays se fracasse contre le Front National ». Selon lui, ce n’est « pas idiot », car la dénonciation du lien entre « clientélisme » et « communautarisme » opérée par le FN, peut amener une « vraie réponse de l’électorat (…) par exemple à Perpignan ou Marseille ». Référence médiatique de l’explication du succès du FN, l’universitaire observe que le « thème de l’antifascisme ne marche plus » et affirme que la droite « n’a plus d’arguments à opposer » au parti.

Le centralisme intellectuel, une partie du problème

Autour des élections départementales, la place accordée au Front National (FN) par la presse parisienne naît de la simplification produite par l’éloignement. Schéma incongru en Europe, ce scrutin irrigue toute la France, sauf la ville qui assure son traitement et façonne l’opinion. La multitude des réalités locales est globalisée à la façon d’une élection présidentielle, comme en 2011. La province, secondaire mais majoritaire, est résumée pour comprendre, mais le FN reste uniquement minoritaire à Paris, isolée. L’interprétation distante du pays et la bonne réponse « jamais trouvée » face au FN résultent d’un centralisme intellectuel qui survit aux lois de décentralisation. Le Front National maîtrise cette dualité explosive.

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