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La Clau
Municipales en Pays Catalan : ces vétérans qui ne rendent pas les armes
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Les élections municipales des 23 et 30 mars révèlent dans les Pyrénées-Orientales une situation, cocasse pour les politologues, de retraite politique suivie d’un essai de redémarrage. Répondant à ce profil, le maire socialiste de Toulouges, Louis Caseilles, quitte la plaine du Roussillon pour viser la mairie de Saint-Laurent de cerdans, dans la zone d’altitude de la région du Vallespir. Elu en 1977 dans la commune de l’agglomération Perpignan-Méditerranée, le conseiller général, perdant de la primaire PS des élections sénatoriales de 2011, a désigné son premier adjoint, Jean Roque, pour lui succéder dans la ville de la Paix et Trève de Dieu. Mais, à 73 ans, il revendique un retrait doublé d’un parachutage dans le village de son épouse, avec l’éventualité de présider la communauté de communes du Haut Vallespir. En écho au schéma entretenu entre Paris et la province, une fin de carrière à la ville peut valoir un nouveau départ à la montagne, dans un bouleversement des logiques locales. Ce surprenant déménagement serait voulu par Christian Bourquin, président de la région Languedoc-Roussillon et homme fort du Parti Socialiste dans les Pyrénées-Orientales, qui avait néanmoins empêché Louis Caseilles lors des sénatoriales. D’autres situations ont précédé, mais elles étaient généralement inversées, à l’image de Paul Alduy, maire d’Amélie-les-bains jusqu’en 1959, enchaînant directement sur cette fonction à Perpignan, ou Philippe Douste-Blazy, passant de Lourdes à Toulouse.

Dans un autre secteur, le maire UMP de Banyuls-sur-mer, Jean Rède, âgé de 81 ans, fait le pari de transmettre le pouvoir à sa propre femme, Hélène Rède, à l’issue de 18 ans de mandats tenus de 1983 à 1995 puis de 2008 à 2014. La candidature de l’épouse, formulée le 17 janvier, fait suite à six années tumultueuses, jalonnées d’épisodes pittoresques, comme un bras d’honneur adressé à l’opposition municipale en avril 2013, ou l’inauguration d’un rond-point honorant le controversé général Bigeard. Jean Rède ne se retirera pas intégralement, car il figurera sur la liste présentée par sa moitié. Dans cet autre cas, des tentatives de passages de relais, généralement réussies, ont été observées dans les années 1990 à Vitrolles, en Provence, avec un supplément initial de parachutage, tout comme au Barcarès, en Roussillon, dans les années 2000.

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