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La traditionnelle cérémonie d’hommage aux harkis, organisée le 25 septembre au Camp de Rivesaltes, a comporté la présence imprévue de Marine Le Pen. La présidente du Front National, résidente épisodique à Millas, s’est invitée à cette réunion consacrée aux anciens Français d’Algérie, d’origine algérienne, ralliés au camp français à l’indépendance de ce pays. Cet affichage lors d’une séquence officielle convoquée par la préfecture des Pyrénées-Orientales fait l’effet d’une bombe, au constat de la compatibilité de l’extrême droite avec cette appui républicain. D’autant que la compagne de Louis Aliot, candidat aux élections municipales de Perpignan en 2014, s’est subtilement glissée aux côtés d’André Bascou, maire UMP de Rivesaltes, Jean-Jacques Lopez, maire PS de Salses, Jean-Marc Pujol, maire UMP de Perpignan et Jean-Paul Alduy, president UDI de l’agglomération Perpignan Méditerranée.

Jean-Paul Alduy : Marine Le Pen fait son « marché national »

En avril 2012, le camp de Rivesaltes recevait le candidat à l’élection présidentielle Nicolas Sarkozy, qui jetait alors des passerelles entre l’idéologie de l’UMP et celle du FN. Cinq mois plus tard, la stratégie lepéniste montre un glissement, Mme Le Pen s’alliant aux élus territoriaux tout en réclamant la remise de la légion d’honneur à tous les harkis vivants. La candidate à la présidentielle a également condamné les méthodes employées par les gouvernements successifs, « de droite comme de gauche », qui ont traité les harkis « comme des animaux alors qu’ils s’étaient battus pour la France ». Pour sa part, M. Alduy, centriste et adversaire de l’extrême droite, signalait que Mme Le Pen, par son mandat de députée européenne, est « partout chez elle », mais que son irruption en Pays Catalan lui a permis de « faire son marché national ».

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