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La Clau
Mariage homo en Pays Catalan : de la normalité au « déni de civilisation »
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La promulgation de la loi sur le mariage homosexuel en France ne clôt pas les débats sur ce sujet, sur l’exemple de Marine Le Pen, qui « abolirait » ce dispositif en cas d’accession à la présidence de la République, selon ses déclarations du 19 mai. En Pays Catalan, la première union du genre est annoncé pour le mois de juin par le maire communiste de Cabestany, Jean-Vila, dans un bis repetita de sa stratégie pionnière de novembre 2011. Pour sa part, le maire UMP de Perpignan, Jean-Marc Pujol a rendu visite le 17 mai à l’association Lesbiennes Gay Bisexuels Transsexuels des Pyrénées-Orientales (LGBT 66), à laquelle il a signifié son opposition à l’homophobie. Républicain, le premier magistrat s’est opposé à la mise en oeuvre de la loi, mais ne lui opposera aucune entrave, tout en restant réservé à l’égard de la parentalité.

Le Conseil général, avec le lobby homosexuel

Mobilisée malgré l’entrée en vigueur de la loi, qui aurait pu questionner sa raison d’être, LGBT 66 célèbre le 24 mai à Perpignan la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie du 17 mai. Accueilli par le Conseil Général des Pyrénées-Orientales, à majorité socialiste, ce collectif diffusera des films « contre l’homophobie » et débattra sur le thème « Homophobie : quel impact sur les personnes homosexuelles, et les jeunes en particulier ? ». Les nouveaux services de lutte contre l’homophobie créés dans le territoire seront présentés par la conseillère générale déléguée à l’Egalité, Ségolène Neuville. Ce dispositif comprend l’association Le Refuge, qui reçoit les jeunes victimes d’agressions ou de discriminations en raison de leur orientation sexuelle.

Un candidat FN évoque un « déni de civilisation »

Aux antipodes de l’accompagnement départemental, dans une communication du 20 mai, l’association Génération Patriotes tire à boulets rouges sur le mariage homosexuel. Son délégué pour la région Sud-Ouest et responsable dans les Pyrénées-Orientales, Patrice Joly, assume de durs propos, selon lesquels « l’Armée des Patriotes est en marche » car « le pouvoir a commis une grave erreur en votant le mariage gay« . Cet ancien sous-officier de gendarmerie et volontaire parachutiste, candidat suppléant du Front National aux élections législatives de 2012 sur la 4e circonscription des Pyrénées-Orientales, estime que le mariage homosexuel est un « déni de civilisation », car il fait fi des « centaines de milliers de Français » qui s’y opposent, craignant une « destruction de la famille ». Ce militant de 44 ans affirme que les scientifiques « discréditent l’homoparentalité » et cite les travaux du professeur Mark Regnerus, de l’Université du Texas. Selon quarante « critères sociaux et émotionnels », les individus provenant de familles hétérosexuelles « se disent plus heureux, sont en meilleure santé mentale et physique et consomment moins de drogues que les autres ». Cet habile argument peut faire mouche, car seuls 51 % des citoyens français sont favorables à l’adoption homoparentale, après une progression de 5 % en 8 ans, selon un sondage de l’institut IFOP rendu public le 4 mars.

Précision du FN

Le 21 mai, la secrétaire départementale du Front National des Pyrénées-Orientales et conseillère régionale Marie-Thérèse Costa-Fesembeck nous précisait que M. Patrice Joly « a quitté le Front national » et ajoutait : « ses propos n’engagent que lui et ne sont pas le reflet du Front national 66 que je dirige ».

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