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L’idée d’une candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone, l’année prochaine, comporte déjà plusieurs épisodes. Le premier, en avril, contenait une alliance avec la nouvelle droite espagnoliste du parti Ciutadans. Anti-indépendantiste et intrus dans la ville où il est né sous l’identité de Manuel Carlos Valls Galfetti, il n’y a vécu que des vacances d’été. L’ancien socialiste, touriste politique, n’est pas désiré par le socialisme barcelonais, dont le représentant socialiste à la mairie, Jaume Collboni, souhaiterait se présenter. Manuel Valls ne fait pas l’unanimité pour l’échéance de 2019, bien qu’il envisage une offre au-dessus des divisions droite-gauche, afin de couper l’herbe sous les pieds à une alliance indépendantiste et aux velléités de second mandat de la maire Ada Colau, membre d’une coalition teintée du mouvement marxiste Podemos.
Etrangeté et mensonges

Le rapprochement de Manuel Valls avec Ciutadans, formation ambiguë au sujet de la dictature du général Franco, reste étrange. L’ancien Premier ministre, ridiculisé sur sa pertinence par une séquence vidéo de la chaîne TV3, espère dépasser la vision superficielle du réel barcelonais que dénote son radicalisme sur la question territoriale. A son égard, une certaine presse française emploie la contre-vérité, comme le quotidien Libération du 20 septembre, affirmant que le peintre Xavier Valls (1923-2006), père du possible candidat, a « quitté l’Espagne pour fuir le franquisme ». Ce chapitre d’un roman idéal est inventé, seul le vagabondage bourgeois a conduit l’artiste à vivre à Paris, pendant que le régime de son pays en souffrance restait neutre à son égard. Mais il est avéré Manuel Valls ose des fréquentations étonnantes et paradoxales avec le grand capital espagnol, selon une schizophrénie de haut vol, au regard de l’histoire française du personnage. Entre Paris et Barcelone, les paramètres idéologiques sont différents, mais le député de l’Essonne utilise la distance pour mieux transposer une réalité sur l’autre. Cet étonnant pari jacobin promet une séquence politique anthologique.
Manuel Valls, parodié par l’émission « Polònia » de la chaîne publique catalane TV3

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