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Le plus catalan des ex-ministres français de la période contemporaine, Manuel Valls, affirme qu’il « étudie la possibilité » de se présenter à la mairie de Barcelone en 2019. L’ex-candidat à la primaire socialiste en amont de l’élection présidentielle de 2012 était interrogé à ce sujet sur la chaîne publique espagnole TVE 1, vendredi 20 avril. « Cela m’intéresserait de continuer le débat indépendantiste, je vais étudier » cette possibilité, a-t-il déclaré. Titulaire d’un parcours décroissant, réélu député en 2017, le natif du quartier d’Horta, sur les hauteurs de la capitale catalane, a fait allusion à une Catalogne indépendante, qu’il refuse catégoriquement : « Je suis entré dans ce débat parce que je suis né à Barcelone. Je suis le fils d’un Catalan et j’aimerais rendre quelque chose à la Catalogne et la l’Espagne (…) Oui, je suis intéressé, oui ».

Un cousinage centraliste

Manuel Valls, mal connu en Catalogne du Sud, pourrait s’y relancer personnellement, sous les couleurs du parti de droite espagnoliste Ciudadanos. Cette habile formation, soignée et autoritaire, défend une recentralisation de l’Espagne. Elle incarne la version dépoussiérée du Partido Popular, le parti post-franquiste par filiation directe, présidé par le Premier ministre, Mariano Rajoy, premier adversaire du souverainisme catalan. Pour M. Valls, issu de l’immigration, devenu français en 1982 et profondément assimilé à la République française, il s’agirait de plaquer le modèle français en Catalogne du Sud, selon une savante schizophrénie. Cette bizarrerie constituerait une force et une faiblesse à Barcelone, où le sentiment décentraliste déborde l’indépendantisme. En cas de candidature avérée, le catalan « vintage » parlé par Manuel Valls, car issu des années 1960 et 1970, pourrait séduire les nostalgiques des temps anciens.

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