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La victoire indépendantiste aux élections de Catalogne, ce dimanche 27 septembre, est corroborée par les estimations variées. La synthèse de 19 sondages publiés du 1er au 21 septembre par des médias idéologiquement opposés, comme el Mundo et El Pais à Madrid, ou La Vanguardia et El Periódico a Barcelone, interpelle l’intégralité des états-majors politiques et des observateurs. En effet, la candidature «Junts pel Sí» (ensemble pour le oui) obtiendrait 64 députés sur 135 au Parlement de Catalogne. L’appui de 9 députés de l’extrême gauche indépendantiste Candidatures d’Unité Populaire (CUP) fournirait une majorité suffisante pour proclamer une déclaration unilatérale d’indépendance. Parfaitement informé, le gouvernement espagnol reste intransigeant. Sa vice-présidente, Soraya Sáenz de Santamaría, répondait ce vendredi 25 septembre à la question «le résultat va-t-il modifier votre stratégie ? ». «Non», a répondu l’intéressée : «nous suivrons notre ligne de défense de la Constitution».

Le déni madrilène pousse à l’indépendance

Dans le camp du non à l’indépendance, certaines voix comme Miquel Iceta, leader du parti Socialiste de Catalogne, prône une Espagne fédérale, concédant davantage de marge de manoeuvre à la Catalogne. Le leader de Podemos, Pablo Iglesias, reconnaît le caractère «plurinational» de l’Espagne, à la différence des autres formations politiques d’envergure nationale espagnole. Mais ces approches alternatives ont dépassées par l’offre binaire, pour ou contre un Etat catalan. Face au gel madrilène, les sondagiers observent une frange d’électeurs non-indépendantistes, partisans de la liste Junts pel Sí. Ce scénario unique en Europe confirme la théorie selon laquelle le refus madrilène, rigueur salutaire pour certains ou rigidité obtuse pour d’autres, aura reconstruit le mouvement indépendantiste catalan.

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