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Les stratégies développées par le gouvernement catalan pour accéder à l’indépendance ont reçu le 15 mars un avertissement du gouvernement espagnol. Sa vice-présidente et porte-parole, Soraya Sáenz de Santamaría, a fortement recommandé à l’exécutif d’Artur Mas, principal artisan du processus d’émancipation, d’éviter l’exemple kosovar. En 2008, dans un désaccord international patent, cette ancienne province serbe a proclamé unilatérale son indépendance, reconnue par une centaine d’Etats à peine, dont l’Allemagne, la France et les Etats-Unis, mais non l’Espagne ni la Serbie. La recommandation espagnole suit de deux jours l’approbation au Parlement catalan, par 104 députés sur 135, du « droit à décider », qui valide le principe d’un référendum en 2014. Le nombre de parlementaires favorables est en nette progression, suite au ralliement du Parti Socialiste de Catalogne.

40 % de chômage au Kosovo, argument dissuasif

L’argument dissuasif de Mme Sáenz de Santamaría repose sur la situation du Kosovo, dont le taux de chômage à 40 % et le PIB par habitant 25 fois inférieur au PIB catalan constituent un épouvantail. Entre les lignes, la vice-présidente espagnole vise le projet caressé par les formations politiques majoritaires en Catalogne, Convergence et Union (CiU), le parti d’Artur Mas, et la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC). Dans un document à l’ébauche, ces deux composantes s’accordent sur une candidature indépendantiste commune, présentée à l’occasion d’élections anticipées. Dans la mesure où Madrid, qui ne reconnaît pas le Kosovo, n’est aucunement disposée à légaliser une consultation catalane, l’alliance CiU-ERC, préalable à une déclaration unilatérale, est assimilée à la méthode kosovar.

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