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Dans le sillage des élections générales de Catalogne organisées en novembre 2010, le Parlement du territoire, à Barcelone, s’est déclaré souverain le 23 janvier 2013. Un volant de 85 députés sur 135, soit 63 %, ont approuvé un texte inédit reconnaissant le « caractère de sujet politique et juridique souverain » du « peuple de Catalogne ». Cette marche franchie vers l’indépendance a précédé la validation du « Droit à décider », par le même Parlement. Le 13 mars, ce principe préfigurant un référendum sur la création d’un Etat catalan, prévu pour 2014, recevait l’appui de 104 députés, favorables à l’établissement de passerelles de dialogue avec le gouvernement espagnol, mené par Mariano Rajoy, afin de trouver un consensus sur l’autodétermination de la Catalogne. Mais le 8 mai, la Cour Constitutionnelle espagnole a suspendu la déclaration de souveraineté du 23 janvier, tout en constituant un précédent du genre, depuis l’avènement de la démocratie en Espagne. Le texte est donc annulé, la voie catalane entreprise depuis plusieurs mois doit se trouver théoriquement dans l’impasse, mais les autorités catalanes manifestent une volonté de dépassement du choix madrilène.

Le Gouvernement catalan : « ne pas se laisser impressionner »

Dans l’après-midi du 8 mai, le président catalan, Artur Mas, a réagi fermement à la décision de l’Etat espagnol, en déclarant « le peuple catalan n’acceptera pas que sa volonté exprimée démocratiquement par les urnes soir avortée ». Estimant « insolite, profondément décevante et hautement inquiétante » la décision de la Cour, le leader de la coalition Convergence et Union (CiU) a affirmé que les organes de son gouvernement resteraient « fidèles à la majorité du peuple de Catalogne ». L’hypothèse d’une consultation des électeurs sur la question géopolitique qui, en marge de la crise, accapare le débat espagnol et catalan, devient une haute probabilité, sans l’aval de Madrid. Cependant, M. Mas a appelé la Cour Constitutionnelle à choisir la « prudence, la sagesse et l’équité », tout évoquant une atteinte à la démocratie, de Madrid vers la Catalogne. Il s’est également recommandé aux sud-Catalans de ne pas « s’effrayer » ni se « laisser impressionner », mais à persister dans leur « radicalité démocratique », leur « expression pacifique » et leur « sens du dialogue ».

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