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Suite aux précipitations automnales qui ont arrosé le Roussillon, une partie du groupe d’immeubles dit “îlot Puig”, attenant à la place du Puig de Perpignan, menaçait ruine, de sorte que sa destruction a été engagée par la mairie, ce vendredi 17 décembre. Cette opération d’urgence, dans le quartier Saint-Jacques, est en réalité l’exécution d’une décision voulue par la municipalité dirigée par Jean-Marc Pujol (Les Républicains), mais placée en stand-by après la mobilisation d’habitants gitans du quartier. Pour agir sans entraves, l’Hôtel de Ville s’appuie sur “deux rapports d’experts” selon lesquels “les fortes pluies de fin novembre ont sérieusement endommagé les derniers bâtiments de l’îlot Puig”, décrit un communiqué. Ce dommage “entraîne de facto un risque imminent d’effondrement”. Parallèlement à cette action, qui, doit s’achever jeudi 23 décembre, 14 habitants de logements voisins ont été relogés par l’autorité communale.

Les opposants redoutent une ville « sans mémoire »

Le choix municipal, effectué dans une indifférence certaine, est réprouvé par l’Association pour la sauvegarde du patrimoine roussillonnais (ASPAHR). Celle-ci s’élève “avec force“ contre la destruction, dans un communiqué de ce même 17 décembre. Elle estime que le quartier Saint-Jacques “a une valeur d’ensemble qui, au fil des destructions, disparaît”, car les constructions de remplacement “n’auront jamais le caractère ancien, ni les qualités de celles qui disparaissent. La ville va vers la banalité et la perte de mémoire”. L’ASPAHR place sur le même plan la démolition “expéditive” du presbytère de la cathédrale, en décembre 2015, lors du second mandat de J.M. Pujol, et la disparition imminente de l’îlot Puig, ordonnée par l’exécutif municipal dirigé par Louis Aliot (Rassemblement national). L’association rappelle que plusieurs dizaines d’habitants de Saint-Jacques s’étaient “opposés physiquement à sa disparition, et avaient arrêté les bulldozers”, en 2018. A l’époque, une expertise de l’ingénieur Norbert Aigouin avait conclu à la possibilité d’une remise en état. Sur ce constat, l’ASPAHR aurait souhaité que les bâtiments “soient protégés et confortés”.

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