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Depuis 2018, les échéances électorales espagnoles ont fait éclore une extrême droite brute et décomplexée. Le parti Vox, lancé par un ancien adhérent du Partido Popular, Santiago Abascal, a obtenu 11% aux élections d’Andalousie, le 2 décembre. A 43 ans, ce petit-fils de maire pro-Franco a organisé un triumvirat des droites pour renverser la gauche. Aux élections législatives espagnoles du 28 avril 2019, Vox a envoyé 24 députés au congrès espagnol. Cette performance a inspiré à Jean-Marie Le Pen une citation directement puisée du répertoire propre au régime dictatorial du général Franco. Le 26 mai, les municipales ont encore fait avancer Vox, parti centralisateur, anti-immigration et critique envers le droit des femmes. Cette formation ouvertement catholique, favorable à l’unité de l’Espagne, défend la légion, les forces armées et l’ancien empire espagnol. Elle veut supprimer l’autonomie de la Catalogne et du Pays Basque, dans un mélange de régime de Franco et de IIIe République Française. Comme Donald Trump et «L’Amérique d’abord», Vox défend la préférence nationale.

Immigration et extrême droite dans la banlieue de Girona

Vox est insignifiant dans l’aire urbaine de Girona, sauf à Salt. En 2010, cette ville de 31 000 habitants subissait des affrontements communautaires entre Catalans et Espagnols de souche, et immigrés maghrébins. Le 26 mai dernier, Vox y a placé trois conseillers lors des élections municipales. Ce parti y a obtenu 1117 suffrages, contre seulement 593 à Girona, ville de 100 000 habitants, 383 à Olot et 327 à Figueres.