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Une question historique majeure trouve un début de réponse suite à une révélation effectuée à Londres le 23 mai 2013 par le journal The Guardian. A la façon d’un Wikileaks porté sur le milieu des années 1940, ce titre a communiqué une série de documents désormais déclassés, issus des services secrets britanniques. Ces informations indiquent sans ambiguïté l’affectation de 14 millions de livres de fonds secrets, soit 200 millions d’euros, afin d’éviter l’entrée de Franco dans la Seconde Guerre mondiale. Révélée dans un article à caractère historique, cette opération mise en place par le MI6, les services d’intelligence britanniques, a permis de soudoyer officiers, entrepreneurs et prescripteurs d’opinion rattachés au régime totalitaire franquiste, pour dissuader le régime espagnol, comportant des agents sensible à Hitler, de devenir l’alliée du Führer. En 1940, le MI6 télégraphiait ainsi : « L’entrée de l’Espagne dans la guerre dépend de notre action rapide ».

La tentation vers Hitler, assouplie par l’argent

D’après les détails tirés des documents, ce maintien de l’Espagne en marge du grand conflit mondial a été rendu possible par l’ambassadeur du Royaume-Uni à Madrid, Samuel Hoare, qui a averti Londres d’une fort risque de voir le régime franquiste quitter sa neutralité pour rallier les Nazis si de fortes sommes d’argent n’étaient pas versées à ses affidés. L’un des hommes clé de cet arrangement, José Jorro Andreo, est cité en lien avec un compte de la Banque du Portugal ouvert à Lisbonne, mais les versements ont transité principalement par un compte suisse à New York. Cependant, après sa guerre civile terminée en 1939, l’Espagne franquiste était davantage affairée à réprimer sa résistance interne et à conforter son propre système totalitaire. Sa neutralité dans le conflit international s’est maintenue, malgré une entrevue de négociations entre Franco et Hitler, le 23 octobre 1940 à Hendaye. Pourtant, la « collaboration » hispano-allemande s’est manifestée par le bombardement allemand de Guernica, au Pays Basque, en avril 1937, précédant une politique discrète d’entraide relative, matinée de défiance permanente.

Hitler ne se cachait pas à Perpignan

Ce même 23 mai, le journal concurrent The Telegraph a publié un autre reportage révélation tiré de la même source, évoquant l’étonnante suspicion d’une présence d’Adolf Hitler à Perpignan. Le dictateur allemand aurait vécu dans la capitale de Catalogne du Nord, discrètement et déguisé, dans une éventualité prise très au sérieux par le MI6 en juin 1944. Un projet de bombardement de la maison supposément habitée par le Führer a même été envisagé par le gouvernement britannique, deux semaines après le débarquement de Normandie. Mais l’indication fournie à Londres par Alfred Duff Cooper, ambassadeur britannique en France, renseigné par un colonel français, s’est avérée erronée.

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