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Les élections «générales» espagnoles de ce dimanche 20 décembre ont renouvelé la majorité au Partido Popular (PP), dirigé par le premier ministre, ariano Rajoy. Mais en obtenant 123 sièges, contre 186 jusqu’à présent, la formation de droite effectue un recul qui lui fait perdre la majorité absolue. La deuxième position revient au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), qui obtient 90 sièges contre 110 et signe la pire performance de son histoire. Cet émoussement des deux grands partis du pays est le fruit de la forte poussée du parti anti-austérité Podemos, dont l’irruption à la chambre des députés s’effectue par 69 sièges. Le centre-droit libéral Ciudadanos, parti centraliste catalan qui tentait sa chance pour la première fois dans un scrutin général, s’offre 40 députés et manque son objectif de supplanter le PP. La désignation du prochain président du gouvernement d’Espagne est incertaine, car une alliance entre les gauches est possible, tandis que l’addition des sièges du PP et de Ciudadanos, dans le cadre d’une alliance stratégique, ne permettrait pas de franchir la majorité absolue. Ces résultats sont complétés par 8 sièges obtenus par la liste Démocratie et Liberté (DL), présentée par le parti de centre Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) et 9 autres, qui reviennent à la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC), qui signe là ses meilleurs résultats lors d’élections générales. L’indépendantisme catalan sera ainsi représenté par 18 élus au Congrès des députés, sis à Madrid.

La Catalogne confirme le «droit à décider»

En Catalogne, la liste «En comú podem», soutenue par Podemos, est le vainqueur de cette élection, en plaçant 13 députés au Congrès madrilène. Cette offre politique, à l’identique de Podemos, défend un référendum officiel sur l’indépendance de la Catalogne. Cette caractéristique favorable au «droit à décider», naturellement partagée par DL et ERC, donne corps à un futur lobbying parlementaire en ce sens, dans les prochains mois. La Catalogne, en tant que circonscription électorale, a également placé 5 députés de Ciudadanos, parti fondé en 2006 à Barcelone, farouchement opposé à la souveraineté catalane. Le Partido Popular y confirme une situation incongrue, car sa représentation à Madrid plafonne à 4 sièges.

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