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L’élection d’un Catalan, Christian Bourquin, à la présidence du Languedoc-Roussillon, le 10 novembre, mobilise les fédérations nord-catalanes des partis politiques Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) et Esquerra Republicana de Catalunya (ERC – Gauche Républicaine de Catalogne). Ce lundi, les deux partis ont communiqué, quoique séparément, des avertissements au nouveau président, socialiste dissident. CDC, après avoir salué « avec espoir » l’élection de M. Bourquin, l’a jugé en « responsabilité de répondre aux attentes du peuple catalan ». Le parti d’Artur Mas, favori aux élections de la Catalogne du Sud, considère que le nouveau président devra se « démarquer de la logique des présidents précédents », Jacques Blanc, membre du RPR-UMP, et son successeur Georges Frêche. CDC a tenu à critiquer Montpeller, une « boulimique capitale », et invité le nouveau président à rétablir un « équilibre entre les territoires », avant d’indiquer que MM. Frêche et Blanc « n’ont pas su doter Perpignan de structures capables d’assurer le développement réel » de la Catalogne du nord. Le parti centriste a également espéré une traduction concrète de la « dualité identitaire, géographique et culturelle » contenue dans le nom « Languedoc-Roussillon », tout en arguant d’une nécessaire reconnaissance des « logiques différenciées » présentes au sein de l’ensemble régional. Selon CDC, les Pyrénées-Orientales méritent de « s’inscrire dans la logique transfrontalière et non pas dans une plaine-métropole, à l’instar de Montpellier ».

Plus ferme encore dans son discours, la fédération nord-catalane d’ERC a indiqué que l’élection de Christian Bourquin « devrait servie à contrecarer la discrimination dont est victime la Catalogne du Nord en matière d’investissements et de développement ». Les républicains indépendantistes se sont déclarés « sceptiques » face aux oeuvres à venir du nouveau président, dont le parcours contient une immense fidélité à Georges Frêche, observée depuis 1977. La gauche catalane a également cité un « développement macrocéphalique de la Région, en faveur de Montpeller et au détriment de la Catalogne du Nord », ainsi que la « Septimanie » de 2005, qu’ils ont décrite comme une « tentative d’éliminer le double identité de la région, Catalane et occitan », promue sans succès par M. Frêche. ERC a enfin dénoncé un « appauvrissement de l’Université de Perpignan et de l’ensemble productif et social » des Pyrénées-Orientales, qu’elle jugé partiellement provoqué par les politiques régionales. A titre positif, le parti souverainiste a félicité le soutien de M.Bourquin à l’Euro-district Catalan Transfrontalier, qui rassemble le Pays Catalan du Nord et la province de Girona au sein d’une même entité de services.

Lors du mandat plein de Georges Frêche à la présidence de la Région Languedoc-Roussillon, de 2004 à début 2010, des contrastres comptables sont apparus dans les attributions de subventions aux territoires. Le port de Sète a reçu 100 millions d’euros, pour moins de 12 millions affectés à celui de Port-Vendres. et les investissements portés sur les universités de Montpeller ont dépassé de 10 fois les aides accordées à l’université de Perpignan. Au niveau individuel, chaque habitant des Pyrénées-Orientales a reçu en moyenne 6,9 euros, tandis que les habitants de l’Hérault bénéficiaient de 19,5 euros.

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