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Elus le 22 mai, les nouveaux maires de Barcelone et de Girona, Xavier Trias et Carles Puigdemont, ont pris leurs fonctions ce vendredi, dans une exception en Catalogne du Sud. En effet, au délai légal espagnol prévu entre une échéance électorale et une mise en place effective, se sont ajoutés deux recours, sans conséquences décisives. Les deux édiles, membres de la coalition de centre-droit Convergence et Union (CiU), présideront désormais les destinées de deux villes à majorité socialiste depuis 32 ans, c’est-à-dire depuis les premières élections municipales de 1979, découlant du retour de la démocratie en Espagne.

Dans la capitale catalane, M. Trias, qui prend le relais de Jordi Hereu, a été investi avec le soutien des 15 conseillers municipaux de CiU i des deux conseillers de la formation Unitat per Barcelona, notamment composée de l’ancien président du Barça, Joan Laporta, reconverti en personnalité indépendantiste. Ce nouveau maire agira en minorité, mais les formations rivales, comme le Parti Socialiste de Catalogne et le Partido Popular, à idéologie traditionnelle espagnole, ont déjà communiqué leur engagement envers des « pactes de gouvernement ». Ces alliances ponctuelles, habituelles au sud des Pyrénées, participent généralement d’une certaine stabilité politique, tout en suscitant une participation des oppositions aux actions collectives.

A Girona, la rupture avec 32 ans de socialisme a été également lors d’une cérémonie qualifié d’historique par le nouveau premier magistrat, Carles Puigdemont. Prenant le relais symbolique de la « baguette municipale », remise par la mairesse jusqu’à ce jour, Anna Pagans, cet ancien journaliste a également été investi en minorité, c’est à dire par les seules voix des 10 conseillers municipaux de sa formation. Dans sa première allocution, M. Puigdemont a demandé poliment aux formations politiques représentées à ses côtés de « ne pas lui mettre de bâtons dans les roues » afin de garantir la bonne tenue des projets municipaux. Dans un exercice de transparence peu habituel, cette personnalité, qui assume déjà un rôle de député au Parlement de Catalogne, a déclaré s’inscrire dans un temps limité, en envisageant, si les citoyens lui accordent leur confiance, de limiter sa présence à la tête de Girona à seulement 8 ans, soit la durée de deux mandats.