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Les élections municipales, qui se dérouleront ce dimanche 22 mai dans toute la Catalogne du Sud, pourraient voir triompher le parti de centre-droit Convergence et Union (CiU). Cette formation, dirigée par le président du gouvernement catalan, Artur Mas, est le grand gagnant des dernières élections législatives catalanes de novembre 2010. Face à un Parti des Socialistes de Catalogne (PSC) en grand danger après ses prises de position en faveur du gouvernement Zapatero dans l’affaire du fonds de compétitivité non versé au gouvernement catalan par l’Etat Espagnol, CiU pourrait remporter un grand nombre de mairies, seul ou en coalition. Même si le contexte local est prépondérant, les anciens alliés du PSC que sont les souverainistes de la Gauche Républicaine de Catalogne ERC ou les verts catalans d’ICV ne pourront vraisemblablement pas suivre l’ancien parti leader, qu’ils ont déjà lâché à Madrid. Dans un contexte électoral de radicalisation de type « parti catalan » contre « parti espagnol », un pacte global PSC/PP (Partido Popular) semble cependant impossible, peu avant les élections générales de Madrid, prévues l’année prochaine.

Ainsi pour la première depuis la transition démocratique espagnole, Barcelone pourrait bien échapper aux socialistes, en faveur de CiU et de la candidature de Xavier Trias. Ce dernier a d’ailleurs annoncé ce mardi sa confiance dans le fait d’obtenir 17 conseillers municipaux, atout qui lui permettrait, même sans majorité absolue, de gouverner seul la capitale. Autre symbole, Girona, bastion socialiste depuis 32 ans, pourrait tomber dans les bras de CiU et de Carles Puigdemont, auquel un récent sondage attribue 9 conseillers municipaux contre 8 au PSC. CiU pourrait ainsi gouverner seul, en l’absence de majorité absolue, même en coalition.

Pour le reste de la région de Girona, le maire CiU de Figueres, Santi Vila, qui mène une campagne en « Internet 2.0 », devrait être réélu dans un fauteuil. A Olot, le départ du socialiste Lluis Sacrest pourrait ouvrir la porte de la mairie à CiU, alors que le mécontentement de la population suite aux émeutes à Salt pourrait contraindre la jeune socialiste Iolanda Pineda à laisser sa place au « convergent » Jaume Torramadé. CiU pourrait par ailleurs conserver sa place à Blanes et à Lloret de mar. Les plus grandes inconnues restent pour autant Banyoles, où CiU était en coalition avec le PSC, et surtout les villes de Roses, Palamós, Platja d’Aro, Palafrugell et Sant Feliu de Guíxols, où la bataille promet d’être sévère.

Mardi, le président Artur Mas, secrétaire général de CiU, a appelé à la mobilisation, lors d’un meeting organisé dans la ville de Lleida, tout en rappelant, en dehors des intérêts partisans, que l’abstention est devenue très forte en Catalogne du Sud. Un bon chiffre de participation correspondrait à coup sûr à une mobilisation en faveur des candidatures CiU, seul grand parti aujourd’hui à défendre l’autonomie de la Catalogne, visée par le gouvernement espagnol.

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