Le premier meeting de campagne d’Eric Zemmour en vue de l’élection présidentielle de 2022, célébré dimanche 5 décembre à Villepinte, en région Île-de-France, n’a pas occasionné que des incidents physiques. Ce rendez-vous à succès, soldé par 62 interpellations, a comporté des violences à l’encontre de militants de SOS Racisme, des injures envers une équipe de journalistes de l’émission Quotidien, diffusée sur TMC. Il a aussi contenu des idées pouvant porter une atteinte morale à certains profils. A Perpignan, l’association LGBT66 dénonce une phrase prononcée par le candidat d’extrême droite. A l’évocation des questions d’immigration et d’identité, l’ancien polémiste s’est déclaré prêt, s’il était élu, à « chasser » du système scolaire « le pédagogisme, l’islamo-gauchisme et l’idéologie LGBT ». Ces mots ont été fortement applaudis par l’assistance, composée de 12 000 à 13 000 personnes.

“Contre le travail de terrain” de l’association LGBT66

“Cette déclaration est une attaque franche contre le travail de terrain effectué par les associations LGBT+, dont notre Centre LGBT+ des Pyrénées Orientales, dans le cadre de nos interventions en milieu scolaire : travail d’éducation, de tolérance, de convivialité, de mieux vivre ensemble et de compréhension de l’autre”, déclare le président de l’association LGBT66, Jean-Louis Thevénot, dans un communiqué de ce 6 décembre. Il informe que les actions développées par sa structure de défense des lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queers, intersexes et asexuels, couvrent depuis 2021 “l’ensemble du territoire du Pays Catalan et du Fenouillèdes, de Bourg-Madame à Rivesaltes”

Face aux prises de position d’Eric Zemmour, LGBT66 attend que les élus actuels “de tous les partis” adoptent une prise de position “claire et publique” sur le sujet sociétal de la non-hétérosexualité, résumée à l’homosexualité par facilité de langage. L’association souhaite combattre une “idéologie”, dont les contours restent diffus. Par exemple, la candidate LR à la présidentielle, Valérie Pécresse, souhaitait « démarier » les couples de personnes du même sexe, en novembre 2012. Mais elle avait rapidement contesté ses propres déclarations, au constat du caractère explosif de ce thème.