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Dans les Pyrénées-Orientales, la cinquantaine ou la soixantaine sont habituelles chez les candidats aux fonctions politiques, mais les élections départementales de 2015 motivent les plus jeunes. Le responsable des Jeunes Populaires du territoire, François Lietta, 30 ans l’année prochaine, s’est déclaré « candidat à la candidature » sur le canton 4 « Côte salanquaise », le 29 octobre. Cet attaché parlementaire du député UMP Fernand Siré vise un périmètre dont les candidats déclarés sont le maire divers gauche de Claira, José Puig, et celui de Saint-Laurent de la Salanque, Alain Got, de l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI), préféré par l’UMP catalane. A la mi-novembre, à Perpignan, l’UMP et l’UDI réunies fixeront les équilibres sur les 17 nouveaux cantons du territoire. François Calvet et Jean Castex, maire de Prades et candidat à la présidence du Conseil général en cas de succès de l’UMP, défendent la préférence aux maires. Le président des Jeunes Populaires espère faire exception.

La jeunesse est prolongée jusqu’à 50 ans

Pour promouvoir leur jeune président, les Jeunes Pop se risquent à décrire un « paysage politique départemental qui commence sérieusement à vieillir« . Dans les faits, le président de l’UMP départementale, François Calvet, aura 62 ans en 2015 et son secrétaire, Daniel Mach, soufflera 60 bougies. Pur produit du parti, investi à l’Université de Perpignan, François Lietta est le « plus jeune d’entre nous » et pourrait être un jour « le meilleur d’entre nous« , clament les Jeunes Pop. Le sample de la phrase chiraquienne désignant Alain juppé en 1995 est ambitieux.

Plus mûr, l’attaché parlementaire de l’euro-députée Marie-Thérèse Sanchez-Schmid jusqu’en mai dernier, Guillaume Lopez, se positionne sur le canton 15 « Vallée de l’Agly ». Homme de dossiers, cet habitant de Rivesaltes, fort de l’âge charnière de 39 ans, attend sagement l’approbation du parti. L’abandon du maire de Tautavel, le sans étiquette Guy Ilary, a rendu la voie libre pour ce candidat à la candidature, dont un premier message graphique circule déjà. Mais à quelques exceptions, le décalage générationnel de la prise de responsabilités atteint au bas mot dix ans en Pays Catalan et généralement en France, par rapport à l’Europe. Jean Castex, 50 ans en 2015, incarne une moyenne qui serait élevée ailleurs, à l’instar des 39 ans du Premier ministre Italien, Matteo Renzi. Le pari envers Emmanuel Macron, ministre de l’Economie à 37 ans, correspondrait en Roussillon au profil de son collègue de promotion à l’ENA en 2004, Romain Grau, 39 ans, candidat de l’UDI sur le canton 9 « Perpignan ». Ou encore de l’UMP Bruno Delmas, 44 ans.