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L’ambiance du référendum informel sur l’indépendance de la Catalogne, prévu ce dimanche 9 novembre, déborde en Catalogne du Nord dans des proportions incertaines. Un bureau de vote sera en place à la Casa de la Generalitat, délégation du gouvernement catalan à Perpignan. Il recevra 500 Catalans de nationalité espagnole, en droit de s’exprimer. Mais cette échéance inédite en Europe coïncide avec la manifestation perpignanaise de rappel du 7 novembre 1659, date de signature du Traité des Pyrénées par la France et l’Espagne. La critique de l’annexion de la partie nord-catalane à la France, devenue Pyrénées-Orientales en 1790, mobilisera ce samedi 8 novembre au départ de la Place de Catalogne, 30 ans après sa première édition, qui avait attiré 1000 personnes, contre 10.000 en 2009 et 3000 en 2013.

La motivation progresse en 2014

Le contexte sud-catalan motive Convergence Démocratique de Catalogne (CDC), le parti d’Artur Mas, leader le plus visible du processus pour l’indépendance catalane au niveau international. Dans ses arguments pour manifester, sa fédération à Perpignan décrit une situation économique « déplorable » dans les Pyrénées-Orientales, territoire sans « les instruments politiques nécessaires pour développer un avenir digne pour nos enfants« . Elle évoque un « diktat politique parisien qui oublie et méprise nos origines culturelles et économiques ». De son côté, la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC), également représentée à Perpignan, aborde le débat « bien peu démocratique » de la réforme territoriale française pour condamner autant le Languedoc-Roussillon que l’éventuelle fusion avec Midi-Pyrénées, un ensemble « artificiel pour les Catalans ». De son côté, l’Assemblée Nationale Catalane, coordinatrice des actions de rue gigantesques de Barcelone, invite simplement à prendre la rue. A l’évidence, ces formations politiques plutôt calmes, montent d’un cran ou deux dans les revendications, en osant, à la manière sud-catalane ou corse. Le mouvement politique Candidatures d’Unité Populaire (CUP), à la fois libertaire et souverainiste, a choisi Perpignan pour clore sa campagne en faveur du référendum. L’un de ses deux députés au Parlement catalan, David Fernàndez, a présidé un meeting, Place des Poilus, en fin de matinée.

Un projet évoqué depuis 45 ans

Le scénario sud-catalan inspire Perpignan, où l’idée d’un statut particulier pour le département environnant, apparue dès la fin des années 1960, n’a encore jamais séduit. Précisément, la première manifestation catalaniste de 1984 a été parallèle à la dissolution de l’Union pour la Région Catalane, à laquelle étaient sensibles plusieurs élus important, comme le sénateur-maire de Perpignan Paul Alduy. Ce vendredi 7 novembre, 100 personnes ont pris part, à la Salle Arago de l’Hôtel de Ville, à un débat sur la réforme territoriale française. Christian Troadec, maire de la ville bretonne de Carhaix, dirigeant du mouvement des Bonnets rouges, a participé à ce forum aux côtés d’Unitat Catalana, parti représenté à la mairie de Perpignan, d’ERC et de CDC. La crédibilité internationale retrouvée par Barcelone en quelques décennies, suivie de velléités indépendantistes, est porteuse de cette réplique.

Quand les identaires s’en mêlent

En marge de la mobilisation, la formation politique Terra i Poble (Terre et Peuple) a signé en Roussillon, dans la nuit du 31 octobre, un affichage sur le droit à l’autodétermination du peuple catalan. Cette entité quasi-secrète, qui défendait une Région catalane en juin dernier, complète à l’extrême droite la variété des organisations de promotion du territoire, par effet de porosité avec un Sud aux portes de probables bouleversements.

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