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Le détachement de la Catalogne du Sud envers le Royaume d’Espagne, revendiqué par une manifestation historique, le 11 septembre 2012 à Barcelone, inquiète le sommet de l’Etat espagnol. L’actuel mouvement de fond, qui prend par surprise les sud-Catalans eux-mêmes, était relayé le 13 septembre par le gouvernement de Catalogne, qui annonçait la construction progressive d’un Etat catalan. Cette affirmation, bien plus sérieuse qu’une déclaration de sécession, était renforcée le 17 septembre par le président catalan, Artur Mas, qui conseillait vivement au milieux économiques catalans de vendre davantage à l’extérieur, pour pouvoir répondre, au moment opportun, aux « défis du pays ». Déjà, en 2011, les exportations de ce territoire vers l’étranger ont atteint un niveau historique de 53 %, contre 47 % vers les 16 autres Communautés Autonomes espagnoles.

Une « Histoire complexe » de l’Espagne

Face aux récentes prises de position politiques catalanes, corroborant une indépendance économique de fait, le roi d’Espagne, Juan Carlos, a réagi le 18 septembre. Dans une lettre rendue publique, le monarque avertit d’une « division des forces » et d’une stratégie qui consisterait à « poursuivre des chimères” tout en « ravivant des blessures ». Cette intervention, en allusion directe au mouvement en cours en Catalogne, décrit un « moment décisif pour l’avenir de l’Espagne et de l’Europe » et condamne une démarche propre à « ruiner le bien-être que nous avons eu tant de peine à acquérir ». Prônant « l’union et la concorde », Juan Carlos décrit une « Histoire complexe » relative à l’Espagne contemporaine et cite en exemple positif la « Transition Démocratique », qui a donné lieu au rétablissement de la monarchie, en novembre 1975, à l’issue de 36 ans de totalitarisme franquiste.

La « générosité » face aux « intérêts particuliers »

Le descendant direct de Louis XIV, dont il représente la 10e génération, oppose les valeurs de « travail », de « mérite » et de « générosité », aux « intérêts particuliers ». Cette critique voilée, qui peut renforcer les velléités catalanes par opposition à une forme de paternalisme désuet, a reçu la réponse du porte-parole du gouvernement catalan, Francesc Homs. Celui-ci “ne ne sent pas concerné” mais précise que « l’on ne peut pas obliger la Catalogne à renoncer à ce qu’elle est ». Dans le style apaisé habilement manifesté depuis plusieurs jours par le gouvernement catalan, M. Homs précise « nous, nous cherchons des propositions de solution ».

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