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La Clau
Le PS invite Christian Bourquin à quitter la présidence du Languedoc-Roussillon
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Le cumul des mandats, qui suscite une parodie sérieuse, est condamné dans une lettre adressée par le Parti Socialiste (PS) à ses grands élus, le 28 août. Suite au Bureau national du parti tenu à la même date, la première secrétaire, Martine Aubry, reprend une prérogative interne de 2010 et somme 234 parlementaires de « démissionner au plus tard en septembre 2012 » de leur « mandat exécutif local ». Par exemplarité, préalablement à une loi prévue pour 2014, les intéressés doivent quittent leurs mandats de maires ou adjoints, présidents ou vice-présidents d’un conseil général ou régional et d’une intercommunalité. Au PS d’abord, les figures traditionnel du député-maire, du sénateur-maire, du député ou du sénateur-président de région sont vouées à disparaître. Ce message, qui écarte les parlementaires également conseillers municipaux, généraux ou régionaux, et les maires de communes de moins de 3.500 habitants, vise Christian Bourquin, sénateur des Pyrénées-Orientales et président de la région Languedoc-Roussillon. Celui-ci était averti dès juillet 2012, lorsque le premier ministre Jean-Marc Ayrault annonçait la fin catégorique du cumul, en prolongement de la loi d’avril 2000, pour « permettre aux parlementaires de se consacrer pleinement à leur mission ».

Les députés Ségolène Neuville, Pierre Aylagas et Fernand Siré, cumulent aussi

Dans les prochains jours, l’homme fort de la mouvance socialiste du Languedoc-Roussillon, soutien de François Hollande contre Martine Aubry lors de la primaire socialiste, devra ainsi suivre la recommandation, ou rejoindre la fronde du président du groupe PS au Sénat, François Rebsamen. Les critères spécifiés excluent le député PS des Pyrénées-Orientales Jacques Cresta mais concernent la députée PS et vice-présidente du Conseil général des Pyrénées-Orientales, Ségolène Neuville, tout comme le député-maire d’Argelès-sur-mer Pierre Aylagas. Le député-maire de Saint-Laurent de la Salanque, Fernand Siré, ferait aussi partie de la cible, mais il est adhérent UMP. L’argument de défense des élus réfractaires, fondé sur un ancrage territorial comme antidote à un mode républicain hors-sol, est opposable à celui d’une confiscation des pouvoirs, d’une confusion de fonctions et d’une professionnalisation excessive de la politique. Par ailleurs, en suggérant l’abandon de la fonction territoriale au profit de la représentation nationale, sans envisager l’inverse, le message socialiste contient un centralisme subliminal. Enfin, en 2011, le non-cumul des mandats a inspiré à l’UMP un débat à Perpignan, lors duquel les organisateurs ont affirmé que ce changement permettrait « d’éviter la corruption ».

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