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L’idée de baptiser « Languedoc » la future région regroupant le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées fait l’unanimité contre elle à Perpignan. Le groupe de réflexion L’Olivier, qui révélait mardi 7 octobre un accord informel passé entre les représentants des mairies de Toulouse, Montpellier et Narbonne, ouvre une consultation pour sur le nouveau nom du futur ensemble. Un sondage est lancé, pour connaître le sentiment populaire sur cette question, inscrite dans le vaste chantier de la réforme de l’Etat. L’association politique dirigée par l’entrepreneur Bruno Delmas, redoute que le simple « Languedoc », qui exclue les Pyrénées-Orientales, ne prive ce territoire de « l’affirmation d’une identité forte », qui sera « déterminante pour l’avenir de notre économie« . De son côté, le sénateur UMP et président du parti en Pays Catalan, François Calvet, adresse un vibrant courrier intitulé « Monsieur le Premier Ministre, vous devez défenre notre identité catalane ! ». Dans le souvenir de l‘envolée rouge et jaune de Manuel Valls lors des obsèques de Christian Bourquin, le 29 août, le maire du Soler manifeste son « opposition totale » à l’absence, dans le nom de la Région à venir, de « l’identité catalane forte (…) représentée par le mot Roussillon ».

Le Front National aussi défend l’identité catalane

Pour le Front National, Louis Aliot, premier à réagir à notre article, voyait venir le 8 octobre un « démembrement de notre histoire, de nos cultures, de nos particularismes », en s’associant au Roussillon. Il propose la dénomination « Pyrénées-Languedoc-Roussillon (…) dans laquelle l’identité catalane serait préservée ». Sur ce même sujet, qui relance, sous une autre forme, le débat sur la « Septimanie » de 2005, le maire de Perpignan prône « Midi-Méditerranée » ou « Pyrénées-Méditerranée ». Ce 9 octobre, il affirmait que la future région devra « trouver une identité forte pour être reconnue« . A ce titre, il proposera au nouveau président de la Région « de se prononcer immédiatement sur ce choix », dont nul ne connaît les échéances.

Le Plan B de la Région catalane

Pour le parti Unitat Catalana, partenaire de la majorité municipale de Perpignan, le débat « ne nous concerne pas » car « la Catalogne Nord doit avoir son propre territoire et que c’est à nous d’en définir le nom ». Sur une initiative de cette formation, un sondage « Pour une Région Catalogne Nord » est en cours, sur Région.cat. Les spécialistes en marketing territorial remarquent que l’actuelle Région Languedoc-Roussillon utilise quant à elle le site www.laregion.fr. Dans cette première vague de réactions, la « Fédération des Jeunes Catalans » de Debout la République, mouvement du député Nicolas Dupont-Aignan, s’est exprimée par communiqué ce même 9 octobre. Selon son délégué, Sébastien Ménard, les Pyrénées-Orientales « étaient déjà la banlieue de Montpellier en Région Languedoc-Roussillon » et deviendront la « lointaine périphérie de Toulouse en Région Languedoc ». Le représentant de la formation souverainiste aborde l’idée d’une « Région Catalogne Nord, comme en Corse » avant de condamner les « noms ridicules de région » suggérés par Jean-Marc Pujol ou Louis Aliot, qu’il ne cite pas.

Le 10 octobre, un sondage numérique lancé par le quotidien L’Indépendant donnait le leadership à l’option « Région Catalane », à plus de 40 %, sur près de 2000 votants.

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