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Les élections municipales espagnoles, organisées dans les 947 communes sud-catalanes et les 8116 communes de l’ensemble des 17 communautés territoriales autonomes, étaient organisées ce dimanche. Par de multiples alliances locales, les équilibres au sein des conseils municipaux seront définis cette semaine, à l’issue de tractations, dont le système démocratique espagnol est coutumier. En Catalogne, tous les regards étaient portés sur la coalition nationaliste de centre-droit Convergence Démocratique de Catalogne (CiU), qui remporte Barcelone et Girona. Dans les deux cas, il s’agit de victoires historiques dans le cadre des élections municipales modernes, rétablies en Espagne en 1979 après la longue parenthèse du régime franquiste. Les deux villes, dirigées depuis 32 ans par le Parti Socialiste de Catalogne (PSC), basculent ainsi de la gauche fédéraliste, équidistante entre les intérêts catalans et les ambitions de l’Espagne, vers le centre-droit partisan d’une Catalogne dotée d’un maximum d’attributs pour son émancipation.

A Barcelone, le nouveau maire, désigné dans les prochains jours, sera Xavier Trias, en succession du maire socialiste, Jordi Hereu. Mainte fois présenté par CiU dans la capitale catalane, ce pédiatre de 64 ans a obtenu 15 sièges, contre 11 sièges obtenus par le PSC, et 8 sièges désormais détenus par le droitier Partido Popular (PP). L’assemblée barcelonaise sera également composée de 5 conseillers du parti post-communiste et écologiste Initiative pour la Catalogne-Les Verts (ICV), et une coalition indépendantiste minoritaire, détentrice de 2 conseillers.

A Girona, la caractéristique principale, partagée par l’ensemble de la province environnante, est celle d’un paysage politique où prédominent les partis catalans. De la sorte, le PP obtient seulement 3 conseillers, tandis que la candidature indépendantiste Candidature d’Unité Populaire (CUP) en place également 3, tout un record pour une ville de cette envergure. Surtout, Girona sera désormais dirigée par le journaliste Carles Puigdemont, le candidat de CiU, qui obtient 10 conseillers, tandis que sa rivale, la psychologue Pia Bosch, obtient 7 sièges. D’autre part, ICV dispose de 2 conseillers. Lors de sa première apparition publique, ce dimanche à 22h, M. Puigdemont défendait l’intérêt d’un « pacte permanent » à Girona, en rupture avec les stratégies socialistes, qu’il a jugé trop exclusives.

La ville de Salt, ancienne rattachée à Girona, perd également sa majorité socialiste, menée par la jeune mairesse Iolanda Pineda. Le nouveau maire, Jaume Torramadè, présenté par CiU, devra diriger une ville de 30.000 habitants, dont la problématique première est l’intégration des nouveaux venus, notamment de religion musulmane. A ce titre, le parti d’extrême droite Plataforma per Catalunya, qui place 3 conseillers dans l’assemblée de cette même mairie, devrait modifier l’ambiance des conseils.

A Figueres, le maire sortant Santi Vila, membre de CiU, réunit une majorité absolue de 12 sièges, tandis que ses opposants, dont la PSC, le PP et la CUP, obtiennent de 1 à 3 sièges. Dans cette recomposition du paysage politique, la ville d’Olot conserve sa majorité CiU, qui remporte galement la ville de Banyoles.

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