Langue

Joignant le geste à la parole, le conseiller municipal socialiste perpignanais Frédéric Gonano, numéro deux de la liste « Nouvelle union avec la gauche » présentée aux élections municipales de 2009 par la tête de liste Jacqueline Amiel-Donat, quitte son parti. Dans une déclaration livrée le 4 avril, l’élu respecte sa promesse de démission formulée le 21 février, en communiquant sa décision au premier secrétaire, Harlem Désir. Le jeune socialiste, estimant que la présentation en Conseil des ministres du projet de loi sur le non-cumul des mandats est « passée en second plan, derrière le séisme de l’affaire Cahuzac », dénonce un « mensonge devant les Français » employé par « nombre de députés socialistes élus en juin 2012 ». Il rappelle que ces parlementaires s’étaient engagés, en cas de victoire, à « démissionner de leurs éventuels mandats exécutifs locaux avant le 30 septembre 2012 ». Or, à la différence de la députée et ancienne vice-présidente du Conseil général des Pyrénées-Orientales, Ségolène Neuville, isolée dans son respect de l’engagement, les députés et sénateurs socialistes français, dont les parlementaires PS des Pyrénées-Orientales, ont largement écarté la préconisation.

« Frapper fort, vite et clair »

Pour Frédéric Gonano, la « République irréprochable » prônée par François Hollande s’éloigne, alors qu’il conviendrait de « frapper fort, vite et clair dans un esprit d’équité et de justice », par le biais d’un « non cumul des mandats strict », une réduction du nombre de sièges parlementaires ou encore l’assujettissement à l’impôt des indemnités des élus. Déçu, le discret conseiller municipal, auquel la démonstration de probité fournit une médiatisation, quitte le PS « à compter de ce jour », après avoir mesuré le « fossé » qui le sépare de son parti.

Partager