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La révélation de l’existence d’un « Guide de la délinquance à Barcelone », ce lundi dans la capitale de Catalogne, constitue un évènement notable auprès de l’opinion. La police catalane, les Mossos d’Esquadra, associée aux guides touristiques, a en effet mis en place depuis 2010, sur Internet, un véritable catalogue, détaillé et ordonné, des points sensibles de la ville. Ce document évolutif, agrémenté des contributions des internautes vérifiées sur le terrain, décrit les nouveaux modes opératoires des voleurs en tout genre. Ceux-ci s’en prennent généralement aux portefeuilles de touristes, en faisant appel à des tactiques ingénieuses, notamment en se déguisant eux-mêmes. Équipés d’un plan de la ville pour faire plus vrai, ils s’adressent extrêmement poliment à leurs victimes, pendant qu’un complice subtilise leurs effets personnels dans leurs sacs. La prestidigitation et le jeu théâtral de ces délinquants sont observés près des grands monuments, comme la cathédrale de la Sagrada Família, mais aussi sur les plages.

Ce guide des secteurs touristiques à craindre, de nature extra-officielle, est constamment complété via le réseau social Facebook. Il suscite une certaine polémique suite à la présence d’adjectifs xénophobes rédigés à l’endroit des groupes de voleurs, ostensiblement rassemblés par nationalités, dans une ville où, en 2010, pas moins de 69% des personnes arrêtées pour vol étaient étrangères. On y trouve ainsi la description d’une bande féminine bosniaque, habituée à agir en feignant la surdité, aux abords du Hard Rock Café et aux arrêts de bus. D’autres bandes organisées, menées par de jeunes Maghrébins et Sud-Américains voleurs de bagages à l’aéroport de Barcelone, sont également détaillées. D’autres encore se seraient fait une spécialité dans le vol de téléphones portables de type iPhone 4, qu’ils arrachent des mains de leurs propriétaires. Parmi ce puzzle culturel, des clans péruviens seraient spécialisés dans l’attaque de touristes japonais dans le secteur du Park Güell. Enfin, des Espagnols raffinés, en costume-cravate, opéreraient à la réception des hôtels, en échangeant leurs valises vides contre les valises pleines des clients.

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