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L’Espagne, dont le réseau de 2300 km de Lignes à Grande Vitesse constitue un record européen, développe un nouveau projet, entre Madrid et la région de Galice. Ce désenclavement de la zone nord-ouest a été promis pour 2018 par le premier ministre, Mariano Rajoy, le 1er septembre. L’Etat espagnol y destine immédiatement un budget de 1,745 milliard d’euros, discrètement validé dans l’été, pour la construction de quatre tronçons et de la plateforme du Tunnel de la Canda, dans la province d’Orense. Parallèlement, ses pressions visiblement sélectives ont permis, en juin, un classement de cette ligne comme priorité de financement par l’Union européenne. L’appui communautaire, attendu pour 2014, représentera 40 % du budget global, pour 434,86 km de voies reliant les villes d’Olmedo, Zamora et Saint-Jacques de Compostelle.

Déficit espagnol : 48,5 milliards d’euros en juillet

Le maintien de ce projet Madrid-Galice peut étonner, car l’Etat espagnol atteignait dès juillet 2012 le déficit prévu pour décembre, soit 48,517 milliards d’euros, équivalant à 4,62 % du PIB. Surtout, le rendement des TGV espagnols est parfois remis en cause, tandis que le Barcelone-Perpignan aura patienté 20 ans jusqu’à son ouverture, en avril 2013. Les préférences espagnoles envers les lignes intérieures, au détriment de l’international, semblaient démontrées en avril 2012 par le manquement de réponse à deux appels d’offres cruciaux, qui ont retardé le chantier général, à Girona et Mollet del Vallès. Dans le climat de crise, ces restrictions choisies sont interprétées par le gouvernement catalan comme une véritable volonté de marginalisation de la Catalogne. Son directeur des Transports et de la Mobilité, Ricard Font, déclarait ainsi début août que l’investissement du TGV de Galice « ne tient debout d’aucune façon et encore moins en termes de rentabilité sociale de l’investissement engagé ». M. Font a estimé que la Catalogne est « abandonnée en matière de grande vitesse » car, selon son analyse, « l’Etat espagnol va à contre-courant : tous les pays européens planifient leurs Lignes à Grande Vitesse selon des critères de rentabilité sociale et économique, et non pas politique”.

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