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La préférence de la Région Languedoc-Roussillon pour Montpellier, contre un équilibrage général, interpelle le Conseiller Régional Louis Aliot. Le 30 novembre, le vice-président du Front National (FN) et candidat aux municipales de 2014 à Perpignan est intervenu dans ce débat, sous forme de tribune. Auparavant, le 25 novembre, à Perpignan, le président régional, Christian Bourquin, affirmait que « Montpellier est la capitale de la région, comme Paris est la capitale de la France » mais reconnaissait un manque d’équilibres territoriaux. Au nom du FN, Louis Aliot s’avoue « assez d’accord (…) sur cette nécessité » et revendique une « cohésion plus efficace avec la capitale régionale », se démarque des « intégristes régionaux » et des « catalanistes intégristes ». De son avis, « regarder mieux vers Montpellier ce n’est pas rompre avec nos amis espagnols, mais ce n’est pas non plus tomber dans un catalanisme béat et obligatoire », d’autant que « les évènements de la Catalogne Sud sont inquiétants à plus d’un titre ». Dans une approche identitaire, il estime que l’appartenance catalane ne se réduit pas un « défendre un label publicitaire pour favoriser le commerce et s’inscrire dans un pur schéma économique mondialiste et financier ».

Bipolarité « mégalomaniaque » du Languedoc-Roussillon

En accord avec la présidente du Front National, Marine Le Pen, qui assimilait, le 29 novembre, sur France Inter, la décentralisation à la création de « baronnies », Louis Aliot défend un « enracinement qui ne doit pas servir à briser l’Etat-National mais à le renforcer ». L’ancien directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen affirme que « regarder vers Montpellier ne doit pas nous empêcher de nous rapprocher du bassin d’excellence toulousain » et fustige les « tenants du barcelonisme à outrance ». Jugeant « mégalomaniaque » la « bipolarité entre la Catalogne espagnole et Perpignan prônée par certains leaders locaux », il se réfère implicitement à Jean-Paul Alduy, président de l’Agglomération Perpignan Méditerranée, membre de l’Union des Démocrates et Indépendants, et à l’UMP des Pyrénées-Orientales, signataire, le 8 octobre, d’un accord de partenariat avec Convergence Démocratique de Catalogne, le parti souverainiste du président catalan, Artur Mas.

L’axe national du FN, identique à celui du PS

La ligne idéologique du FN axée sur un renforcement du cadre français face à l’Union européenne ne surprend pas, mais sa rencontre avec la géostratégie du Parti Socialiste incarné par Christian Bourquin, éludant un avenir afrontalier, constitue une donnée nouvelle. En toile de fond figurent la construction européenne et la laborieuse harmonisation de 27 Etats, produisant d’innombrables rapprochements internationaux. Cette réalité en devenir, ordinaire ailleurs, correspond dans les Pyrénées-Orientales à une déconstruction du Traité des Pyrénées, par la voie communautaire légale.

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