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La manifestation parisienne contre le projet de légalisation du mariage entre personnes du même sexe, prévue dimanche 13 janvier à Paris, comportera Louis Aliot parmi ses participants. Le postulant à la conquête de la mairie de Perpignan et vice-président du Front National (FN) a confirmé le 7 janvier sur Twitter : « je serai présent dimanche 13. Rendez-vous 12h30 Porte Maillot ». Quelques heures auparavant, le bureau politique du FN lançait un appel général à la « manif pour tous » et revendiquait la « défense de la famille » tout en évoquant son « opposition historique au mariage et à l’adoption des couples homosexuels et a fortiori à la procréation médicalement assistée ». Mais la compagne de Louis Aliot et présidente du parti d’extrême droite, Marine Le Pen n’ira pas manifester, tandis que son père, Jean-Marie Le Pen, annonçait le 6 janvier sa volonté de participer « mentalement » à cet évènement. Une autre prise de position individuelle émane d’un autre vice-président du parti, Florian Philippot, absent dans le cortège, et avouant « nos électeurs sont 50-50 » sur le mariage homosexuel.

L’entourage homosexuel de Marine Le Pen

Ces engagements variés alignent M. Aliot sur la ligne dure d’un Front National partagé entre une fraction traditionnaliste et une autre, plus encline à l’intégration des évolutions sociales. A l’instar de l’écrivain catalan Robert Brasillach, figure de l’extrême droite homosexuelle des années 1940, la compatibilité entre deux mondes apparaît désormais au FN. Cette thèse est soutenue par le Perpignanais Nicolas Lebourg, co-auteur de l’ouvrage « Dans l’ombre des Le Pen. Une histoire des numéros 2 du FN », paru en novembre 2012. Selon ce sociologue, certains cadres du parti accusent les gays de « constituer un lobby » interne, dans ce qui devient un « problème de management du parti et un problème politique ».