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La Clau
Le député UMP Mach et 200 buralistes, hostiles à la « contrebande » de tabac
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Munis de fumigènes, pancartes et banderoles, 200 débitants de tabac français, dont une bonne proportion provenant des Pyrénées-Orientales, ont bloqué le péage autoroutier du Boulou, ce dimanche. Comme annoncé samedi dernier par la fédération des débitants du grand Sud-Ouest de la France, ces professionnels qui touchent du doigt l’Europe économique ont ensuite monté plusieurs barrages filtrants au poste désaffecté du Perthus, sur la Route Départementale D900. Cette opération globale, qui a débuté à 14h, devrait être suivie de trois autres, tous les dimanche de décembre, contre les achats de cigarettes en Catalogne du Sud, que plusieurs manifestants qualifiaient de « contrebande », ce dimanche. Dès ce samedi, le député-maire UMP de Pollestres,Daniel Mach, dénonçait un « essor sans précédent des achats de tabac par des consommateurs français chez nos voisins européens ». Préalablement à l’examen du projet de loi de finances rectificative pour 2010, prévu cette semaine, l’élu vient de sensibiliser ses amis députés UMP sur les « effets néfastes » provoqués par la suppression, par la France, des restrictions à l’achat de tabac à l’étranger, et par la nouvelle augmentation du prix des cigarettes, d’environ 4%, prévue au 1er janvier 2011. D’ordinaire partisan de l’ouverture européenne, Daniel Mach prend le parti de défendre la proximité, face à cet inconvénient européen, assorti de bien d’autres, palpables sur l’axe Perpignan-Girona.

Ce retour de la notion de « contrebande », dépassé par la libre-circulation au sein de l’espace européen en vigueur depuis 1993, se produit à l’issue d’une année marquée par une grande défiance politique face à l’Union Européenne, dans le contexte de la crise. La « frontière », dont la persistance mentale tendait à disparaître, signe aussi son retour, à cause du malaise des buralistes, notamment du Pays Catalan. Le territoire, premier de France au niveau des fermetures de bureaux de tabac, fait partie d’un groupe, où figure également l’Alsace, pénalisé par une fiscalité française désavantageuse, qui constitue une exception européenne. Ainsi, en Roussillon et dans les secteurs attenants, 86 débits ont fermé depuis 2003, pour 174 encore ouverts, dans une tendance qui peut encore s’alourdir. En effet, la Commission européenne a rappelé cet automne à la France l’illégalité d’un protectionnisme français sur le tabac, choisi en 2006 lors de la présidence de Jacques Chirac. Cette mesure fixe au nombre de 5 la quantité maximum de cartouches de cigarettes autorisées par passager de véhicule, lors de retours en territoire français. Après avoir projeté de lever cette mesure, l’Etat prévoit de défier l’Union Européenne en appliquant une décision de l’Assemblée Nationale, approuvée mercredi 1er décembre, selon laquelle les restrictions se poursuivront. Le problème de la ruine des distributeurs de tabac français est un cas isolé au sein de l’Europe des 27, à cause d’un tourisme fiscal dû à l’attractivité des prix. Actuellement, l’économie sur une cartouche de cigarettes, c’est à dire dix paquets, représente jusqu’à 20,50 euros entre Perpignan et Figueres. Au Perthus, commune symbolique de la confluence des territoires, jusqu’à 25.000 visiteurs sont comptabilisés en période estivale.

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