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La Clau
Le député Cresta, pour le protectionnisme face à la Catalogne du Sud
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L’économie des Pyrénées-Orientales est toujours plus confrontée à la compétitivité sud-catalane dans les secteurs du commerce, de l’équipement domestique et surtout du BTP. Dans ce domaine, un précédent s’est produit le 19 février lorsqu’un mur amovible a été érigé par quelques dizaines d’entrepreneurs du bâtiment à l’ancien passage frontalier situé entre Bourg-Madame et Puigcerdà. Une même revendication de frontière était exprimée en novembre 2010 par la fédération des débitants de tabac du grand Sud-Ouest de la France, également confrontée à une manque de solutions. Dans ce contexte, le député socialiste des Pyrénées-Orientales Jacques Cresta a soutenu le 28 février à la tribune de l’Assemblée nationale une proposition de résolution européenne concernant la « réciprocité sur les marchés publics », visant à défendre les intérêts européens dans la mondialisation. Dans son intervention, le vice-président de la Région Languedoc-Roussillon a évoqué les difficultés endurées par certaines entreprises du Pays Catalan en raison de la position géographique du territoire. L’élu a prôné un « juste échange », permettant de « pouvoir lutter contre des entreprises étrangères lorsque le seul critère mis en avant est celui du moins disant ».

Protectionnisme envers la Chine et la Catalogne du Sud

Cette prise de position exprime sans le nommer un désir de protectionnisme, M. Cresta reprenant les mots de François Hollande, défenseur d’une « Europe ouverte » contre une « Europe offerte ». Pour les Pyrénées-Orientales, il s’agirait de contrer les entreprises venues des provinces de Girona ou Barcelone, d’autant que les prestations des Pyrénées-Orientales s’avèrent trop élevés pour une réciproque, qui reste marginale. Le député, rappelant que les chantiers publics représentant annuellement 150 milliards d’euros en France, a cité la concurrence chinoise, en insistant sur le fait que le code français des marchés publics « retient le principe de l’offre économiquement la plus avantageuse ». Ce principe, qui suppose une économie pour les institutions publiques, dont de nombreuses mairies et intercommunalités des Pyrénées-Orientales, doit être reconsidéré, car « une place prépondérante est accordée au critère de prix, parfois au détriment de la qualité de la prestation, voire au détriment de critères sociaux ou environnementaux ».

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