Langue

Le conseil municipal de Perpignan a validé ce jeudi la création d’un « Centre de documentation des Français d’Algérie / Laboratoire de pensée sur les exils ». Ce lieu abritera notamment des documents historiques et objets de mémoire rassemblés par le Cercle Algérianiste des Pyrénées-Orientales. Approuvé par la majorité du maire UMP Jean-Marc Pujol et par le centriste Romain Grau, élu en 2009 dans l’opposition, ce sanctuaire mémoriel occupera le Couvent Sainte-Claire, dans le quartier Saint-Matthieu. Ce projet, nommé « Musée de l’OAS » par ses détracteurs, a reçu la mise en garde de l’avocat de centre-gauche Jean Codognès, du groupe « Union pour Perpignan ». Celui-ci a pointé un « enjeu électoral », tout en se préservant d’attiser la « polémique » sur la « présence française » en Algérie. Abordant le sujet en vogue de la construction des mémoires officielles, qui peut concourir à transformer l’Histoire, le conseiller général du quartier du haut-Vernet de Perpignan a questionné la majorité : « quels textes, quels documents, quelles photos, quelles chansons vont représenter ce passé et marquer l’imaginaire collectif ? ». Affirmant l’idée d’une stratégie envers la communauté pied-noir, d’ailleurs représentée au sein du conseil municipal, l’avocat a douté publiquement de la « pluralité » des sources documentaires sollicitées, qui pourraient illustrer les seuls sentiments coloniaux, sans égards pour les sentiments inverses.

Partager