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Dans la série de procédures préalables au référendum informel sur l’indépendance de la Catalogne, prévu ce dimanche 9 novembre, le Tribunal Suprême espagnol a rejeté l’appel émis mercredi 5 novembre par le gouvernement catalan. Ce jeudi 6 novembre, la plus haute instance du Royaume d’Espagne a refoulé la demande catalane visant à contrer la décision du Conseil des ministres espagnol, le 31 octobre, de ne pas autoriser le vote. La dénonciation de l’exécutif d’Artur Mas, à Barcelone, défendant le « droit de participation », la « liberté d’expression » et la « liberté d’opinion » , n’a pas été jugée recevable. Le scénario légal relatif à la « consulta » sur la souveraineté n’a plus cours, car la mise en avant de droits fondamentaux, selon la stratégie catalane, n’est pas acceptée par l’Etat espagnol, du gouvernement de Mariano Rajoy jusqu’à son sommet.

Madrid n’interviendra pas si le gouvernement catalan ne s’implique pas

La journée de dimanche 9 novembre s’annonce très particulière, car le gouvernement espagnol n’agira pas contre la votation si la Generalitat de Catalogne s’en tienne éloignée. Cette disposition a été émise le 6 novembre par le ministre espagnol de la Justice, Rafael Catalá. La veille, l’entrée à Barcelone d’une quinzaine de blindés de l’armée espagnole, par l’autoroute A-2, a provoqué un certain émoi chez les automobilistes. Mais une source du ministère de l’Intérieur indiquait peu après qu’il s’agissait d’une manoeuvre ordinaire, en direction de la caserne du Bruc, située près de l’avenue Diagonal.

Internet au service de l’indépendantisme

Sauf imprévu, dans un processus qui en est abondamment jalonné, la consultation devrait ainsi se dérouler sans difficultés, car sa logistique est confiée à 40.000 bénévoles, mobilisés par le gouvernement catalan mais disposant de leur liberté d’action. Si la Generalitat de Catalogne a habilement suspendu sa campagne institutionnelle incitant au vote, les réseaux de partage de vidéo sur Internet, YouTube en tête, prennent une importance déterminante pour l’Assemblée Nationale Catalane. La puissante association distincte du pouvoir politique motive les internautes à jouer de la viralité de ses contenus. L’un d’eux invite les spectateurs à téléphoner à leurs amis afin de les inviter à voter. Sur un autre apparaît une liste de personnalités, dont le propre président catalan, Artur Mas, qui lance « Le 9 novembre, je voterai. Pour toi », en présentant un portrait du violoncelliste Pau Casals, figure déterminante de la lutte anti-franquiste.