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Ce jeudi soir, le conseil municipal de Perpignan soumet au vote un large volet immobilier. Dans le cadre du Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU), plusieurs équipements publics prévus dans les secteurs Vernet-Salanque et Clodion, situés dans le quartier du Vernet, tout comme un Périmètre de Restauration Urbaine (PRI), envisagé dans la rue de la Révolution Française, quartier Saint-Jean. L’habitat insalubre sera évoqué lors d’un point consacré à la rénovation d’un îlot d’habitations de la Place du Puig, dans le quartier Saint-Jacques. Mais l’assemblée municipale votera également la dissolution de l’Institut Font Nova, consacré à la dynamisation de la culture catalane. Cette pièce de l’édifice municipal sera rattachée au cabinet du maire, Jean-Marc Pujol, avec pour vocation essentielle la traduction du français au catalan, et vice-versa. La disparition de ce service municipal devenu obsolète fait suite à celle, en septembre, du festival Les Estivales, majoritairement financé par la Ville.

L’Institut Font Nova affichait jusque-là une activité liée à la langue catalane, actuellement en cours de généralisation au sein des services de la Ville de Perpignan. Sa fermeture est la fin d’un cycle ouvert par le maire Paul Alduy en 1978, inventeur du Centre de Documentation et d’Animation de la Culture Catalane, qui a modernisé la culture catalane, en phase avec l’évolution démocratique de la Catalogne du Sud. Editions de livres, spectacles, conférences, usage naturel de la langue et accès à la culture pour toutes les générations ont marqué une période de 30 ans. Dès 1993, dans la logique du slogan « Perpignan la Catalane » lancé par le maire Jean-Paul Alduy, une certaine normalisation du catalan dans la ville, calquée sur les politiques entreprises par la Generalitat de Catalunya en 1983, a pris le relais. Le changement de maire, en octobre 2009, accélère l’étape actuelle de banalisation de la langue, symbolisée par l’inclusion de livres, DVD et autres supports culturels en catalan, dans la médiathèque centrale de Perpignan. Alors que l’effort militant envers la langue catalane a cédé le pas au pragmatisme économique, en lien avec Girona et Barcelone, la banalisation linguistique reste encore un pari. A ce titre, les prospecteurs et touristes sud-catalans qui visent le Roussillon sont surpris que la version catalane du site Internet de la Ville de Perpignan reste rédigée en langue française, malgré l’adoption, en juin dernier, d’une Charte pour le bilinguisme, à l’unaminité du conseil municipal.

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