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La conseillère générale et députée socialiste des Pyrénées-Orientales Ségolène Neuville fait partie de la liste de 12 secrétaires d’Etat nommés ce mercredi, au lendemain du discours de politique générale du Premier ministre, Manuel Valls. Elle est désormais chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion, aux côtés de la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine. Ségolène Neuville, acclimatée dans la sphère socialiste du Pays Catalan par l’entremise directe du président de la Région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, présente un parcours fulgurant, rêvé par de nombreuses personnalités politiques du territoire. Médecin en exercice au Service de maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Saint-Jean de Perpignan, cette féministe moderne âgée de 43 ans, militante radicale de la cause féminine, est élue du canton Perpignan 5, qui comprend le quartier Saint-Martin. A l’assemblée nationale, elle représente la troisième circonscription des Pyrénées-Orientales, qui englobe l’intégralité de la vallée de la Têt, un territoire électoral détenu par Christian Bourquin, de 1997 à 2002.

Refus de mener la liste PS aux municipales de Perpignan

Arrivée en Pays Catalan au tournant du siècle, Ségolène Neuville a rapidement gravi les échelons politiques socialistes, avec la singularité de ne pas profiter, encore à ce jour, d’une notoriété significative. Intellectuellement solide, dotée d’un verbe nuancé et d’un accent crédible à Paris, elle n’a pas estimé utile de mener la liste socialiste aux dernières élections municipales de Perpignan et s’est prononcée contre le cumul des mandats. Joignant les actes à la parole, en opposition aux positions de Christian Bourquin, elle a démissionné de son poste de vice-présidente du Conseil général. Les Pyrénées-Orientales, dont la tradition récente impose un défaut de représentativité au sommet de l’Etat, renouent ainsi avec les années de Camille Cabana, né à Elne. Cet élue RPR a été ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la réforme administrative, de 1986 à 1988, mais sa carrière s’est déroulée à l’extérieur du territoire.

Réactions :

Jacques Cresta, député socialiste des Pyrénées-Orientales : « Je me félicite d’abord de la nomination d’une représentante de notre département dans le gouvernement de Manuel Valls. C’est la première fois depuis Arthur Conte, secrétaire d’état délégué au Commerce et à l’industrie en 1957, et c’est donc la première fois sous la Cinquième république (…) Ségolène Neuville s’est toujours impliquée pleinement dans les missions qui ont pu lui être confiées. Depuis 2012, au sein de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, elle s’est investie avec enthousiasme sur tous les sujets où elle a pu être en responsabilité et elle a eu l’occasion de rédiger plusieurs rapports parlementaires qui ont été remarqués : j’ai souvenir, à titre d’exemple, de sa gestion exemplaire de la réforme de la biologie médicale ».

Daniel Mach, secrétaire de l’UMP des Pyrénées-Orientales : « Je suis ravi d’apprendre que le département des Pyrénées-Orientales sera représenté au Gouvernement (…) par l’intermédiaire de la nomination de Madame Ségolène Neuville (…) Dorénavant, grâce à ses contacts privilégiés (…) l’hôpital de Perpignan bénéficiera, je n’en doute pas, des moyens dont il a besoin et qu’il réclame depuis des années, le tronçon manquant de la ligne Très Grande Vitesse entre Perpignan et Montpellier sera réintégré au programme gouvernemental et financé. Elle ne manquera pas, j’en suis persuadé, de soutenir ses chers collègues Christian Bourquin, président de la Région Languedoc-Roussillon, et Hermeline Malherbe, présidente du Conseil général des Pyrénées-Orientales, pour donner les moyens de ses ambitions à l’aéroport de Perpignan, dont ils ont la compétence majoritaire, afin de faire décoller notre économie locale ».

Groupe de réflexion L’Olivier : « Il est difficile de dire si la nomination de Madame Neuville sera bénéfique pour le Pays Catalan. En tous cas, nous l’espérons fortement (…) L’action de la nouvelle Secrétaire d’Etat – tout comme celle de son gouvernement – sera observée avec exigence par tous les citoyens, compte tenu de la gravité économique et sociale de la situation que traverse notre pays ».

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