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Au lendemain de la dictature espagnole, le souffle du renouveau économique et culturel catalan a été incarné par le président Jordi Pujol, personnalité aux allures de chef d’Etat, aujourd’hui âgé de 80 ans. En poste dès 1980, celui-ci a instauré en Catalogne du Sud une politique transversale, de centre-droit, dans un style à l’américaine et enraciné. Mais en 2003, à l’issue de 23 années de présidence et de modelage en profondeur du territoire, un cataclysme a touché la coalition CiU, Convergence et Union, formée autour de son parti, Convergence Démocratique de Catalogne. Face à CiU, le Parti Socialiste de Catalogne (PSC) a organisé une coalition tripartite de gauche, doté d’un appoint ouvertement indépendantiste, pour présider la Catalogne. Sur cette stratégie, l’ancien maire de Barcelone Pasqual Maragall et l’ancien maire de Cornellà de Llobregat, José Montilla, ont successivement occupé le poste suprême. Cependant, dans ce déroulé, M. Montilla, actuel premier président non-catalan de souche, s’annonce comme le grand perdant des élections du Parlement de Catalogne prévues le 28 novembre. Ce scrutin proportionnel à un seul tour, qui tend à équilibrer politiquement le territoire par une représentativité réelle, pourrait octroyer jusqu’à 66 députés à CiU. La majorité absolue des 135 sièges du Parlement de Catalogne, à Barcelone, serait ainsi frôlée, selon un sondage publié dimanche par la radio RAC 1, propriété du Grup Godó, réputé de droite. Dans le même temps, le candidat Montilla obtiendrait jusqu’à 28 élus, tout un record de faiblesse, à l’issue de deux années de gestion de crise qui ont renforcé l’impopularité du « tripartit ». Les autres partis parlementaires seraient lésés par le scrutin à venir, notamment le très droitier Partido Popular (PP), partenaire européen de l’UMP. Son discours aux accents xénophobes, développé depuis plusieurs mois, procure une prévision à 13 députés, contre 16 il y a quelques semaines. Enfin, le parti « Solidarité Catalane pour l’Indépendance », créé récemment par l’ancien président du Football Club Barcelone, Joan Laporta, serait sur la touche, tandis que le parti historique Gauche Républicaine de Catalogne, partenaire du PSC, obtiendrait jusqu’à 12 députés, contre 21 dans l’actualité.

Au-delà d’une sempiternelle prudence face aux sondages électoraux, l’éventualité d’une présidence remportée par Artur Mas est devenue commune en Catalogne du Sud. Et cette hypothèse est largement anticipée jusqu’en Catalogne du Nord. Le président de l’Agglomération Perpignan-Méditerranée, Jean-Paul Alduy, a ainsi renoué avec les hautes instances de CDC, ces derniers mois, puis ces tout derniers jours, après une période de défiance. En effet, CDC, très largement introduite dans les puissants milieux économiques sud-catalan, a fait étrangement équipe avec le Parti Socialiste Francais, contre lui et malgré une grande similitude idéologique, lors des élections municipales de 2008 et de 2009 à la mairie de Perpignan. Selon une source proche de la direction générale de CDC, à Barcelone, la résolution de ce quiproquo fait partie des nombreux chantiers à réaliser en 2011 par le parti.

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