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Après la recomposition parlementaire et avant la mise en place d’un nouveau gouvernement catalan, le président Artur Mas a effectué le 25 décembre une série de déclarations qui éclairent sur sa détermination en matière de souveraineté. Participant à un dépôt de gerbe traditionnel sur la tombe de son prédécesseur Francesc Macià, 122e président de la Generalitat de Catalogne disparu le 25 décembre 1933. M. Mas a retracé le parcours politique du défunt, réfugié à Perpignan en 1923 lors de la dictature espagnole de Primo de Rivera, puis organisateur du complot manqué de Prats-de-Mollo en 1926 avant de proclamer la République Catalane en 1931. M. Mas a estimé que « pour Francesc Macià, il était évident que la Catalogne souhaitait devenir une nation », avant de citer l’intéressé, selon lequel « les droits des peuples ne peuvent jamais être altérés ».

Artur Mas reconnaît la priorité du chômage et de la pauvreté

Cet hommage, qui s’est déroulé au cimetière de Montjuïc, situé sur les hauteurs de de Barcelone, a surtout permis à Artur Mas de décrire la Catalogne actuelle, malgré une adversité de l’Etat espagnol quant à son indépendance, comme un territoire qui « a été libre et souhaite le redevenir ». Cette nouvelle prise de position, paisible mais dépourvue d’ambiguïtés, surprend les observateurs, car la personnalité de M. Mas n’avait jamais présenté de facette souverainiste jusqu’à fraîche date, dans une accélération de l’histoire à l’issue incertaine. M. Mas, conscient que la création d’un Etat catalan n’est pas une urgence pour la plupart des citoyens de Catalogne du Sud, a estimé cependant que la véritable « brume du présent » est constituée par « le chômage et la pauvreté ». En ce sens, les « principaux efforts » déployés dès les prochains jours par le nouveau gouvernement catalan, que l’on annonce extrêmement politique, viseront ces aspects en priorité.

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