Langue

Manuel Valls, le seul homme politique catalan actuellement en position d’accéder aux plus hautes sphères du pouvoir en France, bouleverse une nouvelle fois les schémas politiques hexagonaux. Il y a un an, le député-maire de la ville d’Evry, en région parisienne, se déclarait favorable à des « statistiques de la diversité », sur le mode espagnol ou américain, c’est-à-dire sans complexes envers l’origine ethnique des citoyens. Plus tard, il prenait position pour la retraite à 65 ans, après s’être exprimé pour une conception communautaire de la laïcité. Cette fois-ci, le candidat à la primaire socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2012 s’oppose aux 35 heures. Ce dimanche, M. Valls a considéré que la gauche « devra déverrouiller les 35 heures, qui n’existent déjà plus réellement » si elle accède à la présidence de la République. En contrepied de Martine Aubry, instigatrice de la réduction du temps de travail en 1998, le représentant d’un socialisme de terrain a estimé que les Français pourront ainsi « travailler davantage ». Selon lui, l’effacement des 35 heures, « mises en cause progressivement depuis 2002 », permettrait à « ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, de travailler davantage, deux heures, trois heures, sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires qui ont beaucoup coûté à l’Etat ». Au risque de s’approcher idéologiquement du centre et de la droite française, tout en restant fidèle aux gauches européennes, Manuel Valls revendique une nouvelle fois une conception politique extérieure aux moules traditionnels. Celui-ci a d’ailleurs participé en décembre à un colloque international en compagnie des leaders mondiaux Bill Clinton et Tony Blair, jugés progressistes selon les paramètres internationaux. Né à Barcelone en 1962, naturalisé français à l’âge de 20 ans, M. Valls, qui a refusé de participer au premier gouvernement installé par Nicolas Sarkozy en 2007, s’affirme comme l’un des principaux trublions de l’échiquier politique français. Ce lundi matin, le porte-parole de son parti, Benoît Hamon, déclarait que les prises de positions du Catalan relèvent d’une « mauvaise intuition politique ».

Partager

Icona de pantalla completa