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La volonté de coopération économique entre les Pyrénées-Orientales et la Catalogne a justifié une rencontre institutionnelle, le 3 décembre à Perpignan. Jean-Marc Pujol, maire et président de Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération (PMCA), s’est entretenu à cet effet avec Martí Anglada et Josep Puigbert, respectivement délégués du gouvernement catalan à Paris et à Perpignan. Une « collaboration incontournable au service de nos deux territoires » a été nouée, les deux invités s’engageant à « faire avancer les dossiers » de PMCA à Barcelone et à « renforcer le montage de projets communs » et obtenir une « meilleure visibilité », indique l’Agglomération. L’intérêt de multiplier les fréquences du TGV Paris-Perpignan-Barcelone inauguré il y a un an, le 15 décembre 2013, a été souligné.

L’économie, un gage de crédibilité à Barcelone

Jean-Marc Pujol et le président catalan, Artur Mas, ont établi une relation de confiance au siège du gouvernement catalan, à Barcelone, en février 2012. Un long entretien économique a permis aux deux hommes de s’accorder sur l’essentiel des relations nord-sud, en fuyant les faux-semblants identitaires, le fantôme transfrontalier et le logiciel catalaniste. Quelques semaines plus tard, Artur Mas déclarait d’ailleurs « l’identité catalane correspond à l’envie d’entreprendre », en marquant un abîme avec un Roussillon où prévaut le fonctionnariat. En amont des élections municipales, M. Pujol, interrogé par nos soins sur l’amalgame fâcheux entre relations avec la Catalogne et identité catalane, précisait « La Catalogne est un espace économique et culturel de travail. Si cela reste limité à la culture, cela ne peut pas marcher, car on reste sur le folklore« . Dans cet esprit, le premier magistrat et son vice-président François Calvet ont été reçus par Artur Mas et le maire de Barcelone, Xavier Trias, en juillet dernier. Manifestement, la gouvernance de Perpignan Méditerranée, moins éthérée que la précédente, devient plus audible en Catalogne, sans considérations de langue. D’ailleurs, Artur Mas a accepté d’inclure PMCA dans sa valise diplomatique lors de missions économiques à l’étranger. Déjà, PMCA peut participer aux grands événements économiques de Barcelone, où son vice-président en charge de l’Action économique, Laurent Gauze, rencontrera des décideurs dans les prochaines semaines.

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