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La Clau
Indemnités des élus de Perpignan: Pujol juge qu’il n’y a «rien de honteux»
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Lors du dernier conseil municipal de Perpignan, jeudi 4 février, la majorité dirigée par le maire Jean-Marc Pujol a choisi d’augmenter les indemnités de fonction de certains de ses élus. Mais tous les adjoints et conseillers municipaux majoritaires n’ont pas validé cette proposition. La progression est de 367%, 250% et 182% parmi sept cas de figure, dont l’un évolue de 500 à 1500 euros. L’opposition Front National menée par Louis Aliot, dénonce cette mesure, d’autant que les élus d’extrême droite attendent un dédommagement de 200 euros chacun, en accord avec leur engagement électif. Ce vendredi 5 février, le groupe FN a lancé une pétition intitulée «Scandale à Perpignan» contre la «scandaleuse augmentation des indemnités». Assurément, le choix municipal est risqué, car la population est sensible au train de vie des élus, régulièrement pointé du doigt par les grands médias. En Roussillon, les sommes engagées restent mineures par rapport aux grandes affaires parisiennes, mais la contre-publicité pour l’Hôtel de Ville de Perpignan est prévisible. Fines ou populistes, les prises de position des partis politiques ne peuvent qu’être populaires.

Condamnation en bloc

Pour la candidate de Perpignan équilibre aux municipales de 2014, Clotilde Ripoull, le maire est «définitivement un élu hors sol, hors de Perpignan, hors de la réalité des habitants qui sont confrontés à la crise du centre, au chômage et à la dégradation de la ville». l’ancienne élue à la Ville estime que Louis Aliot est un «opposant de papier» car il «négocie les indemnités des élus FN avec M.Pujol», à la façon des «copains et coquins». Tout aussi choquée, l’association politique l’Olivier lance familièrement : «au train où ils se « gavent », ce n’est plus une mairie mais un buffet libre … Au moins, on sait maintenant où partiront les recettes du nouveau parking de l’hôpital». Sur cette même ligne, Debout la France indique « Le chômage augmente alors PUJOL augmente ses adjoints tout simplement ! ». Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) argumente sur un «arrangement entre amis (…) dans une ville dont le taux de chômage frôlant 16% figure parmi les records de France» et invite le maire à «respecter la charte Anticor» qu’il a signée en 2014 «comme gage de probité avant les élections municipales».

Le député J. Cresta veut que la gauche soit écoutée

Le député et conseiller régional Jacques Cresta, candidat socialiste aux municipales de 2014, dont le retrait a permis l’élection de J.M. Pujol face au FN, s’exprime également. Il regrette que soient apparus au «grand jour» les «accords et discussions entre Jean-Marc Pujol et le leader du Front National Louis Aliot» et évoque l’«absence d’opposition au sein du conseil municipal et des connivences LR-FN». Le parlementaire invite le maire de Perpignan à s’inspirer des régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte d’Azur, où le retrait de la gauche a endigué l’extrême droite aux élections régionales. Depuis, les présidents Xavier Bertrand et Christian Estrosi associent la gauche à certaines de leurs décisions. J. Cresta souhaite pour Perpignan une formule semblable, qui produirait des «solutions pour le bien commun des Perpignanais et dans l’intérêt de notre Ville».

Pujol répond : il n’y a «rien de honteux»

Averti de la tempête, Jean-Marc Pujol a réagi ce même vendredi en évoquant un «simple rééquilibrage des indemnités perçues par 7 des 55 élus municipaux, par rapport à une charge de travail bien précise». En effet, «certains» des bénéficiaires ont choisi de quitter intégralement ou partiellement leurs fonctions professionnelles, pour se consacrer à leur tâche élective. Le maire souligne que l’augmentation de 500 à 2.400 euros réservée à l’élue Annabelle Brunet est ordinaire, car cette ancienne conseillère municipale est devenue adjointe. Il ajoute : «l’attribution de cette valorisation d’indemnités n’a rien de honteux dans son fonctionnement, puisque bien que celles-ci augmentent elles restent en-dessous de ce que la loi autorise».

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