Langue

Le 3 octobre 2012 est une date anniversaire significative pour la Catalogne, dans une implication de Perpignan, profonde et méconnue. Le 3 octobre 1977, la capitale du Roussillon abritait une négociation majeure entre les représentants du gouvernement catalan, exilés par le régime de Franco, et les nouvelles autorités espagnoles, lors de la période de la « transition démocratique » de l’Espagne. La continuité symbolique de la Generalitat de Catalogne, née en 1359, abolie en 1938 puis reconstituée à l’étranger dès 1940, a été rendue possible par la continuité assurée par Josep Tarradellas, de sensibilité de gauche, à partir de 1954. Ce dernier a procédé à la mise en place des Accords de Perpignan discrètement signés le 28 septembre 1977 à la Chambre de Commerce et d’Industrie, donnant lieu à une Generalitat provisoire. Le 3 octobre, une réunion secrète se tenait au Castillet, avec la bienveillance du maire de Perpignan, Paul Alduy, afin de négocier en direct avec Madrid, par téléphone, les décrets induisant le rétablissement du gouvernement catalan, appelé à devenir autonome par la Constitution espagnole de 1978.

Décalage avec les habitants du Roussillon

Cet épisode avait débuté du 12 au 18 février par une série de réunions préparatoires, tenues à l’hôtel Pams, propriété de la Ville de Perpignan, et à Saint-Cyprien, en présence d’émissaires des principaux partis politiques sud-catalans. En décalage avec les préoccupations des habitants du Pays Catalan de France, cette séquence historique s’est conclue par une conférence de presse face au journal L’Indépendant ou encore Radio Monte Carlo. Dans un cérémoniel certain, il s’est agi de mettre en profit la situation catalane de Perpignan, dans une France qui quittait les Trente Glorieuses, pour tenir l’ultime réunion précaire de la Generalitat, avec l’aval du président du gouvernement espagnol, Adolfo Suárez. Quelques jours plus tard, le 20 octobre 1977, le Président Tarradellas mettait fin à son exil, rentrait à Barcelone et proclamait « Ja sóc aquí ! » (ça y est, je suis là !), comme pour signaler que le territoire qu’il incarnait recouvrait la vie. Il y a 35 ans, Perpignan participait ainsi, dans un rôle de base-arrière, à la renaissance d’une institution, aujourd’hui tentée par un retour aux sources intégral.

Partager