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Le Parti Socialiste Catalan (PSC), sévèrement mis à l’écart lors des élections du Parlement de Catalogne, fin 2010, suite à la victoire de la coalition de centre-droit Convergence et Union (CiU), a procédé à une modification majeure, le 3 septembre. En effet, le porte-parole du groupe socialiste au sein de cet hémicycle, Joaquim Nadal, figure historique de la province de Girona et de la ville éponyme, dont il a été maire de 1979 à 2002, a été démis de sa fonction principale. Cette décision survient dans un paysage de crise qui ménage bien peu de place au socialisme catalan, à l’image du socialisme espagnol, rendu inaudible par le gouvernement très droitier de Mariano Rajoy.

Eviction directe, pour un « changement de cap »

Le secrétaire général du PSC, Pere Navarro, qui a défendu un « changement de cap » lors d’une comparution postérieure à cette annonce, à Barcelone, entend développer une opposition vigoureuse au président catalan, Artur Mas, dont il réprouve les coupes budgétaires. Il a donc souhaité que M. Nadal, fédéraliste reconnu, cède sa place et permettre l’avènement d’une « nouvelle étape ». Le PSC se dote ainsi d’un remplaçant, Xavier Sabaté, ancien ministre-conseiller de la Gouvernance du gouvernement catalan, tandis que le porte-parole général du parti devient un proche de M. Navarro, Jaume Collboni, au profil jeune. Celui-ci remplace Miquel Iceta, homme d’ouverture, parmi les premiers acteurs politiques catalans à révéler son homosexualité. L’annonce de ce mercato de rentrée, qui montre un socialisme sud-catalan fébrile, suscite des interrogations sur une possible purge de cadres, voisins du nationalisme catalan. Pere Navarro impute plutôt la restructuration au fait que « les changements sont parfois, indispensables » pour « donner lieu à une opposition limpide ».

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