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Le Front National des Pyrénées-Orientales franchit ses étapes de croissance pour se banaliser, en présentant aux élections départementales des candidats sans distinctions particulières. Il ressemble de plus en plus aux autres formations, notables à part. Mais à la différence des autres formations, sa crise de croissance est publiquement étalée par un secteur critique qui se structure. Le Fanal du Barcarès, source d’information résumant cette mouvance, révèle les étincelles de la fédération départementale. Ce blog a été fondé en avril 2014 par Jean-Pierre Aurégan et Jean-Pierre Atoch, respectivement anciens secrétaires départementaux du FN de l’Aveyron et des Hautes-Pyrénées. Etablis au Barcarès, ces deux cadres du parti reconnaissent que leur publication numérique « ne plaît pas, mais alors pas du tout à la fédération du FN 66 ». Ils surnomment Louis Aliot « Ponce Pilate », évoquent un « mauvais casting » à la direction dui FN66 et estiment que le profil-type de la nouvelle recrue « ne sait rien sur le Front National ». Ils ne se reconnaissent « que dans les instances nationales du mouvement ».

La stratégie développée à Perpignan ne plaît pas

Ce véritable cahier de doléances d’adhérents et ex-adhérents mécontents, bien au-delà du Barcarès, échappe à la direction. Pour les investitures aux élections départementales de mars, les membres de l’équipe sont supposés avoir « fait leur soupe, enfin soupe pour certains et langouste pour d’autres et Nanterre a dit amen », sous-entendu la direction nationale, selon l’agriculteur François Pelras, collaborateur régulier. Cet adhérent récent, démissionnaire en décembre 2014 mais toujours sensible au FN, juge que les candidats du parti aux départementales, à Perpignan, sont « actuellement en solde ». Son épouse, Marie-Hélène Pelras, tête de liste aux municipales du Soler, en 2014, également partie, décrit le conseiller municipal FN Bruno Lemaire comme « arriviste, tortueux et fuyant comme une anguille » . Elle ne souhaite pas « agir pour l’avocat Aliot ».

Les conseillers municipaux déçus démissionnent

L’image unitaire du Front National est écornée lorsque le Fanal publie le courrier de la démissionnaire Yola Gueguen Vaillant, conseillère municipale de Saint-Estève. Cette élue dénonce des « discordes, des incompréhensions, des problèmes d’égo » au sein du FN 66. La publication relaie la démission de l’opposant FN à la mairie UMP de Canet-en-Roussillon, Jean-Pierre Cevaer-Visonneau. Cet avocat perpignanais avait signalé, aux municipales de 2014, la notabilisation du parti voulue par Louis Aliot. Le Front National, pionnier sur Internet il y a près de 20 ans, est victime de la combativité de ses adhérents de longue date. Il a bien son site officiel pour militants, policé et contrôlé, mais il étale son linge sale en public.