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Fin observateur des cycles électoraux, le Vice-Président du Front National, Louis Aliot a reçu 24,13 % des suffrages exprimés au premier tour, puis 23,24 % au second tour des élections législatives dans la 1e circonscription des Pyrénées-Orientales. Bon statisticien, conscient d’une érosion limitée à 245 suffrages entre ces deux échéances, en signalement d’un enracinement réel, le candidat avoué aux élections municipales de 2014 à Perpignan caresse d’autres intentions en Pays Catalan. Grâce à sa défaite aux législatives, il disposera de temps pour mieux identifier certaines zones de porosité entre son parti et certaines franges de l’UMP, sur les exemples du retrait de sa candidate au profit victorieux du député sortant Fernand Siré. M. Aliot, qui profite habilement du schéma médiatique français, unique en Europe, consistant à réserver le sceau de la crédibilité aux plateaux de la capitale, y déploie une assiduité redoutable. Ces moyens disproportionnés jouent un rôle déterminant car le circuit télévisuel, face à l’impuissance des tracts à l’ancienne et de Twitter, accapare l’emprise sur les consciences.

Notoriété télévisuelle au service des municipales de 2014

Dans ce jeu d’intelligence, l’aura croissante de Louis Aliot pourra susciter, en 2014, l’autorité nécessaire pour développer plusieurs candidatures dans certaines communes du territoire habituellement dépourvues de listes Front National. Dans le cadre d’une « opération municipales », qu’il dévoilait le 15 juin dans les Journaux du Midi, M. Aliot prévoit de motiver, dès septembre 2012, des candidats à Canet, Saint-Cyprien, Saint-Laurent de la Salanque et Le Barcarès, où le score de Marine Le Pen a atteint 32,38 % à la présidentielle de 2012. Il s’agira parfois de réactiver d’anciennes dynamiques, comme à Saint-Cyprien, où une candidature FN a été dissuadée par la droite majoritaire à l’occasion des municipales accidentelles en 2009, ou encore à Canet, ou a échoué, dans les années 1990, un agent spécialement détaché par Jean-Marie Le Pen. Après la disparition du vote honteux pour le FN pourraient apparaître des candidatures assumées, y compris dans de petites communes voisines, voire intérieures à la plaine du Roussillon, comme Pollestres, dans une normalisation de l’extrême droite suivant sa dé-diabolisation. Déjà, les résultats des législatives à Perpignan intra muros constituent une orientation : le PS réalise 43 %, contre 32 % pour l’UMP et 24 % pour le FN.