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La Clau
Elections catalanes: Madrid interdit un face-à face-télévisé entre Mas et Montilla
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A cinq jours des élections du Parlement de Catalogne, la Commission Electorale espagnole, sise à Madrid, s’est prononcée ce mardi soir contre la tenue d’un débat télévisé très attendu. Les deux grands candidats, Artur Mas et José Montilla, respectivement leaders de la coalition centriste Convergence et Union et du Parti Socialiste de Catalogne, souhaitaient confronter leurs idées sur la chaine généraliste TV3. Cette dernière, qui fait partie du service public catalan, avait préparée un plateau à cet effet et annoncé l’éventualité d’une émission spéciale. Mais selon la « junta electoral central », la mise en place de ce débat n’a pas été communiquée « amb la previsió i antelació suficient » par la Corporation Catalane de Médias Audiovisuels, en vertu de la Loi électorale espagnole. Les magistrats, rappelant que le délai légal est de cinq jours, ont satisfait indirectement l’opposition aux deux candidats, qui argumentait depuis dimanche de l’inégalité induite par une telle affiche duelle.

En France, un débat semblable a existé à l’occasion de la comparution télévisée bilatérale de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, à quelques jours du premier tour de la présidentielle de 2007. Les formations politiques minoritaires avaient alors averti d’un favoritisme d’Etat envers les grands candidats. Mais une nuance s’est présentée cette semaine en Catalogne, dont le statut, malgré un rayonnement économique et culturel évidents, repose sur une simple autonomie espagnole. Car l’existence d’un tel débat, permettant une confrontation des possibles, aurait conféré au territoire une envergure étatique, à l’occasion d’un scrutin hautement décisif, autant face à la crise qu’aux ambitions d’émancipation de la région-pays. Sans nul doute, cette éventualité a bousculé le sommet de l’Etat espagnol, qui a préféré freiner le désir médiatique et électoral catalan en mettant en avant un aspect légal, largement perçu, en Catalogne du Sud, comme un prétexte. Cet incident réintroduit la problématique permanente entre Barcelone et Madrid, nourrie de désirs catalans jugés dangereux pour les intérêts de l’Espagne.

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