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Les urnes ont contredit les sondages, dimanche 25 novembre, en attribuant 30,6 % des voix à la coalition au pouvoir en Catalogne, Convergence et Union (CiU), soit 50 députés sur les 135 que compte le Parlement du territoire. La « majorité exceptionnelle » appelée de ses voeux par le président catalan, Artur Mas, créant les conditions optimales d’un référendum d’autodétermination, ne s’est pas produite. Ce résultat imprévu est issu d’un scrutin qui a suscité un taux de participation de 69,5 %, le plus élevé depuis les premières élections de Catalogne ultérieures au régime franquiste, organisées en 1980. Faisant les frais d’une politique de coupes budgétaires, sans pouvoir capitaliser sur un réel engouement social pour l’indépendance, le président en fonctions, vainqueur amer de ce rendez-vous démocratique, devra, en toute logique, composer avec la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC) et ses 21 députés. La courte majorité parlementaire favorable à la création d’un Etat catalan représente cependant un total de 74 élus, par ajout des 3 sièges obtenus par les Candidatures d’Unité Populaire (CUP), marxistes-léninistes et indépendantistes. Mais dans la soirée, Artur Mas manifestait une conviction intacte envers le processus d’autodétermination : « Nous maintenons le cap, sans renoncements, mais dans l’objectif de bâtir les grandes majorités dont nous avons besoin ».

Le Parti Socialiste perd 8 sièges et « Citoyens » progresse

Les autres composantes de l’hémicycle catalan sont le Parti Socialiste de Catalogne, partisan d’une Espagne fédérale, qui a obtenu 20 sièges, et le Partido Popular du premier ministre Mariano Rajoy, à 19 sièges, partisan d’une Espagne centralisée. Parallèlement, la formation Ciutadans (Citoyens), d’inspiration jacobine, s’est adjugé 9 sièges, contre 3 auparavant, cristallisant un idéal bi-culturel distinct des idéaux de droite dérivés du franquisme. En outre, cette échéance comporte 13 sièges pour la coalition Initiative pour la Catalogne – Les Verts, favorable à une consultation sur l’indépendance, mais prioritairement centrée sur les problématiques sociales.

Un pari difficile, observé par l’Union européenne

Ce scrutin était voué à conforter Artur Mas, parvenu à mi-mandat et engagé dans une dissolution parlementaire précédant une démarche de création d’un Etat catalan. Bien qu’aucune procédure standardisée n’existe au sein de l’Union européenne pour ce cas de figure, la Commission européenne suit ce scrutin de près. L’exécutif communautaire « prendra note » des résultats et sera attentif à une éventuelle « annonce » de M. Mas,« qui puisse accélérer les choses », selon le cabinet de son président, José Manuel Barroso, interrogé le 25 novembre au matin par l’Agence Catalane d’Informations. Le problème catalan dépasse ainsi le cadre régional ou national pour atteindre une résonance internationale, comme en témoignait la présence de 50 médias étrangers à Barcelone. La Commission insistait sur sa neutralité dans le processus actuel et affirmait ne pas intervenir avant que le gouvernement catalan ne « convoque un référendum », que l’Etat espagnol a promis de dissuader, ou « interpelle directement l’Union européenne ».

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