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Le gouvernement catalan, engagé dans un processus d’indépendance suite au refus du gouvernement espagnol de le voir accéder à une fiscalité propre, convoque de nouvelles élections. La Catalogne, qui peut choisir d’organiser des scrutins accidentels, convoquera les électeurs le 25 novembre ou le 2 décembre. Cette démarche, annoncée le 25 septembre par le président catalan, Artur Mas, est décisive pour l’avenir du territoire, dont les récents évènements surprennent la Catalogne, l’Espagne et la presse mondiale. En effet, le 11 septembre, la première manifestation ouvertement indépendantiste de Barcelone rassemblait 1,5 million de personnes, mais le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy enterrait le projet de « pacte fiscal » catalan le 20 septembre. L’actualité, qui comporte une longue traîne de prises de position, signale un tournant dans la démocratie espagnole, née dans les années 1976-1978, après le régime franquiste. Car le modèle quasi-fédéral en place est remis en cause par le gouvernement central, dirigé par le très droitier Partido Popular. Mais certains territoires, dont la Catalogne et le Pays Basque, dotés d’une histoire et d’une culture différentes de l’ensemble espagnol, entendent suivre d’autres destinées, faute de souhaiter se refondre dans une masse appelée à s’unifier pour produire des économies d’échelle.

L’armée espagnole menace d’intervenir en Catalogne

Parmi les réactions observées dans le cadre du débat territorial sud-catalan figure l’attitude « ferme » annoncée le 25 septembre par le gouvernement espagnol, tandis que 80 prélats de la province de Girona défendaient la « dignité des peuples ». Le mouvement d’hommes d’Église Fòrum Joan Alsina a ainsi condamné le « modèle dominateur de l’Espagne ». Parallèlement, l’Association des Militaires Espagnols et l’Association Unifiée des Militaires Espagnols menace Artur Mas d’un conseil de guerre, face à une « fracture de l’Espagne » assimilable à une « haute trahison ». Par ailleurs, le gouvernement souhaite canaliser sa communication à l’échelle mondiale, dans un contexte qui suscitait le 22 septembre une affirmation du journal américain Stars and Stripes. Cet organe de l’armée des USA indiquait sans détours que « La Catalogne peut déclarer l’indépendance ». Pour moduler son image, la Generalitat de Catalogne développe depuis le 24 septembre un bureau de relations avec la presse étrangère, caractéristique d’un Etat, dirigée par Martí Estruch, ancien délégué du gouvernement catalan en Allemagne.

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