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Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan et président de l’Agglomération Perpignan Méditerranée jusqu’aux élections de mars 2014, a quitté la vie élective, mais pas la vie politique. Il prend position sur le second tour des élections départementales, monopolisé par la question du Front National. Mardi 24 mars, il annonçait sans hésiter «Et si Jean Castex perdait à cause de Jean-Marc Pujol ?», en allusion au leader de la droite UMP et à l’actuel maire de Perpignan. Critiquant la stratégie de M. Pujol souhaitant «transformer ce scrutin en troisième tour des municipales» en présentant ses colistiers, il observait que l’extrême droite «augmente son score du premier tour des municipales». Selon M. Alduy, l’alternance au Conseil départemental des Pyrénées-Orientales, dirigé par la socialiste Hermeline Malherbe, risque de ne pas se produire «à cause de l’échec sur Perpignan», où les candidats UMP-UDI-CDC ont été éliminés du premier tour dans trois cantons sur six. Volontairement absent du meeting de Nicolas Sarkozy à Perpignan, ce jeudi 26 mars, l’ancien maire juge que le refus d’un «front républicain» est une «faute morale» et «politique», car «faire barrage au FN et le dire clairement c’est le seul moyen d’éviter que ce parti soit l’arbitre des majorités départementales». Mais la stratégie est radicalement opposée chez l’ancien Président de la République, qui intervenait face à 2000 personnes réunies au Palais des Congrès. Celui-ci a développé un argumentaire national et s’est adressé aux partisans du statu quo : «Votez socialiste dimanche prochain, ou votez Front National… C’est la même chose !».

Perpignan 2020 affiche le centre

Ce même jeudi, le club politique Perpignan 2020, lancé par Jean-Paul Alduy, appelait à agir «face au danger d’un Front National sur l’ensemble des cantons de la ville». Ce cercle présidé par Romain Grau, 1er adjoint au maire qualifié pour le second tour aux côtés de la maire de quartier Isabelle de Noëll-Marchesan, invitait à voter pour l’ensemble des candidats UMP-UDI-CDC jouissant de l’échéance finale, soit ces deux premiers, ainsi qu’Annabelle Brunet et Richard Puly-Belli, Joëlle Anglade et Jean Sol. Mais sur les cantons où le centre et la droite ont été éliminés, Perpignan 2020 invitait aussi à choisir la gauche, représentée par Jean Vila, Françoise Fiter, Toussainte Calabrèse, Jean-Louis Chambon, Hermeline Malherbe et Jean Roques. A l’identique, la socialiste Ségolène Neuville, arrivée en tête sur le canton du canigou, affirmait la veille «J’appelle à voter pour tous les candidats républicains, démocrates, de droite ou du centre contre le Front national».

Un «front républicain» du bout des lèvres

Bien plus sobrement, Jean-Marc Pujol indiquait le 25 mars «pas une voix ne doit manquer aux seuls candidats qui peuvent faire échec au FN», sans citer les postulants de gauche. Le leader de la droite aux départementales, Jean Castex, affirmait ce jeudi 26 mars que le corps électoral a «clairement manifesté son rejet de la majorité sortante socialiste et communiste. Il serait inconcevable, après un pareil désaveu, de la revoir diriger pendant 6 ans de plus les Pyrénées-Orientales». Sur la ligne Sarkozy, le maire UMP de Prades a éludé le soutien aux candidats de gauche, pour éviter la théorie binaire du FN contre l’«UMPS». Mais les observateurs de la vie politique du Pays Catalan se rappellent la troublante soirée du premier tour des municipales de mars 2014 à Perpignan. Le candidat PS Jacques Cresta s’était retiré pour faire échec au Front National, mais le défunt secrétaire de la section socialiste de Perpignan, Christian Bourquin, souhaitait son maintien.

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