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La visite du ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, ce mardi en Pays Catalan, ne satisfait pas l’opinion dans son ensemble. Lors d’un passage à la coopérative fruitière d’Ille-sur-Têt, le ministre a promis « plusieurs millions d’euros » d’aide d’urgence pour les producteurs de fruits et légumes français, et annoncé un durcissement des sanctions envers les fraudes relevées dans ce secteur. D’autre part, les banques devront être compréhensives face à la détresse d’un profession souvent endettée. Pour le Mouvement Démocrate des Pyrénées-Orientales, dont la présidente, Christine Espert, s’est exprimée par communiqué, ce mercredi, il est « regrettable » que le passage ministériel ait été précipité par les « déversements de fruits en ville, ou le vidage de camions de pêches espagnoles », d’autant que « les producteurs avaient alerté le gouvernement dés le début du mois de juillet ». Mme Espert a demandé que les aides d’urgence soient « déployées très rapidement, avec (…) simplicité, pour ne pas surcharger de démarches administratives des professionnels déjà mis à rude épreuve », avant de rappeler que « 65% des exploitants sont en situation de dépôt de bilan ». Pro-européen, le Modem catalan a appelé de ses voeux « l’harmonisation des pratiques en particulier fiscales », notamment avec l’Espagne. Une mesure semblable a d’ailleurs été suggérée par M. Le Maire, ce même mardi.

Pour sa part, la formation Unitat Catalana a également réagi par communiqué, et lancé « aucune vraie solution n’apparaît à l’horizon ». Selon ce petit parti classé au centre-droit, la « passivité du gouvernement » est « déconcertante », ce qui invite les agriculteurs du territoire à mener des « actions musclées ». Ce mouvement, allié du parti indépendantiste sud-catalan Solidaritat Catalana, a déploré le risque de voir des « producteurs agricoles du nord et du sud de la frontière » qui « vont se battre entre eux ». Dans un certain excès verbal, Unitat Catalana a visé la grande distribution, « prête à tout pour augmenter ses bénéfices », et souhaité « imposer aux gouvernements et au commerce » des « règles permettant de sauver notre agriculture et nos agriculteurs ».

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