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Les élus à la direction de Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération (PMCA) sont distribués en groupes depuis les élections de 2014. Ce fonctionnement ordinaire est calqué sur les assemblées municipale ou régionale. Mais son bloc majoritaire de 59 élus classés à droite a désormais ses frondeurs. Le 9 janvier, 11 d’entre eux se sont constitués en groupe baptisé « indépendant », car ils redoutent l’évolution de PMCA en communauté urbaine, au 1er janvier 2016, selon la visée stratégique de son président. Jean-Marc Pujol souhaite un pôle politique roussillonnais plus puissant, pour contrebalancer la force des communautés de Toulouse et Montpellier, fondées le 1er janvier 2015. Les frondeurs, menés par Philippe Fourcade, maire d’Espira-de-l’Agly, craignent que ce changement de division ne réduisent leurs compétences municipales.

Un navire politique, pas une addition de barques

L’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) Perpignan Méditerranée, comme 212 autres, est parfois vécu comme un simple puzzle de communes. La raison d’être des agglomérations est pourtant, selon la volonté de l’Etat, de défendre des ensembles aussi homogènes que les Départements et les Régions. Ces navires politiques, avec identité, marque propre, capitaine et personnel de bord, ne sont pas une réunion de barques. Ainsi, les maires qui figurent parmi les 15 vice-présidents de PMCA sont dotés de délégations précises. Mais, comme les maires promus ministres, ils sont sensés abandonner leurs casquettes municipales dans l’exercice de leurs fonctions générales, selon un portefeuille déclaré, avec compétences associées. Ce principe peine cependant à exister en Roussillon, en vertu d’une tradition institutionnelle récente, sans réel modèle à reproduire. Une forme de malentendu persiste et, à PMCA, certains maires menacent de rejoindre une autre intercommunalité, par crainte de devenir moins utiles. Cette crise de croissance est exprimée par les édiles d’Espira-de-l-Agly, Villeneuve-la-rivière, Cassagnes, Vingrau, Calce, Baho, Calce, Peyrestortes, Cases-de-Pène, Cassagnes, Opoul, Saint-Hyppolite et Saint-Nazaire.

L’inévitable réduction du nombre de communes

L’enjeu est important pour tous, car PMCA doit maintenir sa jauge de 263.901 habitants pour prétendre au statut de communauté urbaine, en accord au niveau minimal de 250.000 requis par la loi. La réponse appartient autant à la force de persuasion au président Pujol qu’à la simple feuille de route territoriale défendue par l’Etat. A ce titre, la future carte de la France municipale n’émerge pas dans le débat général, accaparé par les Régions. Car la France aux 36.552 communes devra en réduire le nombre pour économiser et être plus efficace, et reconsidérer le pouvoir des maires. En Pays Catalan, la nature humaine et parfois l’âge des élus susciteront de forts ressentis. Notre prospective de mai 2014 évoquait une fusion entre Thuir, Llupia et Sainte-Colombe de la commanderie, fusion déjà accomplie si la France était l’Espagne, l’Allemagne ou un tout autre Etat européen. Pour Perpignan Méditerranée, les communes de Cabestany et Saleilles ne referaient qu’une, comme avant 1923.