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La Clau
Clotilde Ripoull: «Perpignan doit demander la présidence de Région !»
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A 9 mois de l’accouchement de la grande Région regroupant le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, la géographie du pouvoir est en question. Le président de l’actuel Languedoc-Roussillon, Damien Alary, attend un rôle pour la capitale administrative Montpellier dans le concert territorial. Cet espoir est vain car la régionalisation miniaturise le schéma national centralisé et Toulouse devra diriger seule la région probablement nommée « Pyrénées-Méditerranée ». Mais les Pyrénées-Orientales suggèrent une proposition inattendue par la voix du groupe politique Perpignan équilibre. Ce 22 avril, sa présidente affirme par communiqué « Perpignan doit demander la présidence de Région ! ». Clotilde Ripoull demande au maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol, de poser la candidature de la ville comme capitale de la nouvelle Région. Le choix définitif de la capitale régionale devant faire l’objet d’un décret du Conseil d’État avant le 1er juillet 2016, le temps restant devrait être employé à à un lobbying pour Perpignan. A ce titre, la candidate aux élections municipales de 2014 interpelle la classe politique dans son ensemble, particulièrement les parlementaires.

« Ne rien demander, c’est baisser les bras »

Dans son argumentaire, Perpignan équilibre estime la capitale du Roussillon « idéalement placée pour faire le lien entre les deux parties » de la grande Région, car elle constitue un « carrefour européen ». L’espace El Centre del Món attenant à la gare TGV, doté de « plus de 10.000 m² disponibles pour l’administration régionale », pourrait tenir un rôle pratique. Cette proposition ne saurait prospérer au regard du profond bouleversement induit par une ville qui ne fait pas partie du réseau TGV français. Cependant, elle n’est pas plus saugrenue que la situation de Paris, très excentrée sur la carte de France. Selon Perpignan équilibre, l’échec de cette demande ne serait pas intégral car elle pourrait « positionner Perpignan pour accueillir des administrations régionales déconcentrées ». Le groupe conclut : « ne rien demander, c’est baisser les bras et abandonner une nouvelle fois toute ambition de peser dans cette nouvelle Région ».

Debout la France préfère un super-département

La suggestion de Perpignan équilibre est condamnée par Debout les P.O., fédération de Debout la France dans les Pyrénées-Orientales. Le parti souverainiste craint une « hausse des coûts de fonctionnement de la Région » en raison des « navettes pour les documents, transports des agents pour des réunions de travail » et « multiplication des locaux à louer ». Debout les P.O. invite Clotilde Ripoull à rallier sa proposition de « Collectivité Territoriale Unique catalane » sur le modèle Corse. Cette évolution institutionnelle transformant les Pyrénées-Orientales en entité supra-départementale émerge depuis le mois de mars, après avoir été lancée au début des années 2000 par les partis politiques Bloc Català, Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) et Unitat Catalana.

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